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-Chapitre 102-

-Chapitre 102-

-19e jour de la 3e lune de l’an 301 AC-

-POV Ronnet Connington-

« Je ne comprends pas », dit Ronald, légèrement nerveux.

« Je n’ai pas été aussi présent qu’Alynne et Raymund lorsque tu étais encore un petit enfant, mais je te connais suffisamment pour savoir que tu me caches quelque chose, alors je veux savoir ce que c’est », dis-je en le regardant droit dans les yeux.

« Je ne… » essaya-t-il de dire afin de me mentir, mais il n’eut pas l’occasion de terminer sa phrase, car j’ai demandé :

« Qui a tué Tommen ? »

Ronald déglutit nerveusement, puis dit :

« Je ne sais… »

« Ne me mens pas », dis-je en haussant le ton, ce qui l’arrêta soudainement.

« Est-ce que tu te rends compte que je pourrais le demander à littéralement tous les chevaliers, et qu’ils me donneraient tous la réponse que je recherche ? » ai-je dit à mon fils, car je voulais entendre la vérité sortir de sa bouche.

Ronald hésita, puis dit finalement :

« Ne la tue pas, elle… »

‘Alors c’était bien elle’, pensai-je, comprenant maintenant pourquoi cette garce avait laissé ce message caché dans sa lettre.

« Je ne vais pas le faire », dis-je en l’interrompant, avant d’enchaîner après avoir poussé un profond soupir d’impuissance :

« C’est ma sœur. »

‘Et c’est ce qu’elle a tenté avant de mourir’, pensai-je, comprenant qu’elle voulait que, dans ma colère, je tue ma propre sœur.

« Tu le savais », dit Ronald, comprenant que j’étais déjà au courant de ce qu’Alynne avait fait.

J’ai secoué la tête, puis j’ai dit :

« Pas exactement. J’avais de gros doutes, mais je ne pensais pas qu’elle aurait pu me faire une chose pareille. »

‘Je ne pensais pas qu’elle le ferait dans mon dos’, ajoutai-je dans mon esprit.

Ronald baissa les yeux, car dans sa lettre, il m’avait clairement exprimé le fait que Tommen était sur le point de se rendre, mais que quelqu’un l’avait achevé sans mentionner le nom de la personne, en prétextant que c’était une flèche perdue.

Je n’avais que des soupçons, car personne n’aurait osé tirer une flèche sur Ronald à moins d’être sûr et certain de ne pas le toucher, et la seule archère qui pouvait faire cela en dehors de moi dans notre armée était Alynne.

Mais je n’avais pas de témoignage, même si j’en étais pratiquement certain.

‘La personne qui est à l’origine de ma mort est aussi celle qui a tué mon petit lion. Garde-le en tête.’

« Tu auras été une garce jusqu’au bout », pensai-je.

« Quoi ? » demanda Ronald, confus, me faisant comprendre que j’avais exprimé mes pensées à voix haute.

« Ce n’est pas de toi que je parlais », dis-je en secouant la tête, avant de lui faire un signe de la main :

« Tu peux disposer. »

Il s’inclina légèrement, sûrement à cause de la peur résiduelle qu’il avait eue, avant de quitter rapidement mon solaire, me laissant seul avec mes pensées.

‘Que dois-je faire maintenant ?’, me demandai-je en revenant là où tout avait commencé, mais sans le goût de la victoire qui était censé inonder tout mon être.

‘Tout ce qu’il me reste, ce n’est qu’un trou béant.’

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-3 jours plus tard-

-22e jour de la 3e lune de l’an 301 AC-

-POV Aurane Velaryon-

« Alors, prêt à ressentir quotidiennement l’air putride de la capitale ? » demandai-je à Bronn.

Ce dernier répondit en plaisantant légèrement :

« Putains de Lannister. S’ils avaient suivi les conseils de notre roi, au moins, on n’aurait plus à ressentir ce goût de merde quand on ouvre la bouche. »

J’ai souri, d’accord avec lui sans rien dire, mais il y en avait une qui ne disait rien, et ce, depuis qu’elle avait appris qu’elle risquait de ne plus revoir son fief.

« Ne t’en fais pas, il fera ce qu’il a dit », dis-je en m’adressant à Asha.

Cette dernière me jeta un regard froid sans rien dire, puis donna un coup de talon à son cheval, qui avança légèrement plus vite, créant une petite distance entre nous.

« Elle est pas commode, ta femme », dis-je doucement à Bronn.

« C’est à cause de son frère. Depuis qu’elle a vu sa queue dans une boîte, elle n’est plus la même », dit Bronn d’un ton rarement sérieux.

« C’est aussi parce qu’elle a peur de perdre les Îles de Fer », ajoutai-je, loin d’être dupe, sachant pertinemment qu’ils redoutaient que leurs îles ne soient incorporées aux Terres de la Couronne, tout comme les Terres de l’Ouest, les Terres de l’Orage et le Conflans.

‘Et même une partie du Bief, si je ne me trompe pas’, ajoutai-je silencieusement.

« C’est normal qu’elle soit inquiète. Ro… je veux dire, Sa Majesté le roi Ronnet m’avait d’abord promis les Degrés de Pierre, mais il s’est rétracté. Donc, elle a peur que maintenant que nous ne lui servons plus à rien, il nous abandonne », dit Bronn sans chercher à mâcher ses mots.

« Je ne crois pas que le roi ferait une chose pareille. Elle est toujours en vie », dis-je.

« Beaucoup de Lannister sont toujours en vie », dit Bronn d’un ton plus sombre.

J’ai secoué la tête, puis j’ai rétorqué :

« Ceux qui sont libres ont quitté le territoire depuis longtemps, tu peux me croire. »

« À ce propos, tu penses qu’il prendra comment le fait que cet abruti ait laissé partir Myrcella ? » dit Bronn en se retournant.

« Par laisser partir, tu veux dire qu’il lui a fourni toute l’aide nécessaire », dis-je en faisant de même afin d’observer le prince Oberyn qui avançait derrière nous, accompagné de son neveu, la mine fermée.

« Je ne sais pas. Cela dépendra de son humeur et de l’effet qu’aura l’arrivée de la princesse », dis-je en jetant un coup d’œil aux carrosses qui transportaient les Serpents de Sable, l’amante du prince Oberyn et la maîtresse non officielle du roi, ainsi que sa fille bâtarde.

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-POV Ronnet Connington-

« Grand frère ? » demanda Alynne en entrant dans mon solaire.

« Hmm », fis-je, me demandant comment j’allais commencer cette conversation tout en gardant mon calme.

« Tu avais quelque chose à me dire ? » a-t-elle demandé.

Cette phrase me fit instinctivement réagir, alors je me suis retourné et j’ai demandé en la transperçant de mon regard froid :

« Ce n’est pas plutôt toi qui as quelque chose à me dire ? »

Alynne déglutit difficilement mais ne chercha ni à nier ni à me mentir. Malgré cela, son silence m’agaçait… En fait, non, cela m’énervait.

« Tu sais que tu n’avais pas le droit de faire ce que tu as fait », dis-je d’un ton bas et dangereux.

« C’est Ronald… » dit-elle, comprenant rapidement comment j’avais découvert la vérité.

‘Même si j’étais déjà pratiquement certain qu’elle était la coupable’, pensai-je.

« Je te signale que je ne suis pas aveugle !! » dis-je en haussant brusquement le ton, la réduisant au silence.

« Écoute-moi », dit-elle en levant les mains avant d’enchaîner rapidement :

« J’étais obligée de le faire. Tu n’aurais pas pu le faire. »

« ET ÇA aurait été MA DÉCISION !! » ai-je hurlé, incapable de contrôler ma voix, évacuant toute la frustration et toute la colère que j’avais accumulées ces derniers jours en ressassant cette affaire dans ma tête.

Alynne me regarda et dit :

« Je n’ai pas honte de ce que j’ai fait. Je l’ai fait pour notre Maison. Quoi que tu en penses, les Lannister nous auraient trahis à la première occasion… »

« Arrête… » dis-je avant de soupirer, ne voulant pas entendre des excuses préparées à l’avance.

J’ai repris en disant :

« J’ai confié la mission de tuer ou de soumettre Tommen à Ronald, pas à toi. Il a choisi de l’épargner, et ce dernier était prêt à s’agenouiller. Tu n’avais pas à le tuer. »

« Tu aurais fait pareil si tu n’étais pas aussi obsédé par cette femme », rétorqua Alynne d’un ton plutôt agressif, laissant ressortir la griffonne en elle.

« Q.. »

J’ai écarquillé les yeux face à ce qu’elle venait de dire et j’ai essayé de répondre, mais cette fois, c’est elle qui me réduisit au silence en déclarant :

« Non, c’est à toi de m’écouter maintenant, Ronnet ! J’accepte que faire tout cela dans ton dos soit moche, mais pose-toi la question franchement : est-ce que tu aurais eu la force de les tuer tous les deux ? »

Je n’ai pas répondu, car sa question était rhétorique, et elle poursuivit en disant :

« Tu aurais pu tuer tous les Lannister avec grand plaisir, mais penser que cette vipère puisse te détester t’est totalement insupportable. »

J’ai froncé les sourcils, mais elle ne s’est pas arrêtée et a continué :

« Tu aurais pu tous les tuer quand tu les as coincés dans la salle du trône, quoi que tu en dises. Mais c’est à ce moment-là que tu t’es rendu compte que tu ne pouvais pas abattre ta lame sur sa nuque… Et figure-toi que moi non plus. »

J’ai plissé les yeux quand elle a dit cela, mais je l’ai laissée terminer jusqu’au bout :

« Je ne t’en tiens pas rigueur, mais nous revenons de trop loin pour que Cersei, de toutes les personnes, nous arrête et nous fasse retourner à l’époque où les Connington étaient la risée de tous. Où notre famille avait été dépouillée et tournée en ridicule par le royaume entier ! »

Elle s’arrêta quelques secondes pour reprendre son souffle, puis elle dit sur un ton plus mesuré :

« Tu veux me punir pour avoir fait ce que tu étais incapable de faire ? Très bien, soit. Fais comme bon te semble, punis-moi, tue-moi, mais arrête de te voiler la face. Tu n’as pas été capable de faire ce qui était nécessaire pour notre Maison. Sinon, tu aurais affronté toi-même Tommen sur le champ de bataille au lieu d’envoyer Ronald. »

« Tu insinues que je suis lâche au point d’envoyer mon propre fils faire ce qui m’est impossible à accomplir, selon toi ? » demandai-je, les yeux plissés.

« Nooon », dit-elle en insistant longuement sur le mot avant d’enchaîner :

« Tu es loin d’être un lâche. Tu savais tout simplement que Ronald ne tuerait jamais son meilleur ami s’il y avait une chance de l’éviter. Et tu savais également que, malgré la brève arrogance de notre défunt roi, il avait un bon fond, à l’inverse de sa mère. Un fond qui l’aurait poussé à plier le genou. »

Elle prit quelques instants avant de conclure :

« Tu savais parfaitement que l’issue la plus probable était que Ronald vainque Tommen et que Tommen s’agenouille. En fait, c’est sans doute même ce que tu espérais secrètement. Si secrètement que, même maintenant, tu as du mal à le reconnaître alors qu’ils sont morts. »

« Tu as quelque chose d’autre à dire ? » dis-je froidement, ayant beaucoup de mal à me contenir.

« Non. Je t’ai dit tout ce que j’avais à te dire. Fais ce que tu veux », dit-elle.

J’ai plissé les yeux longuement avant de finalement dire :

« Va-t’en. »

Je l’ai regardée s’éloigner jusqu’à ce qu’elle quitte mon solaire, puis je me suis laissé retomber sur mon siège, épuisé mentalement.

Alynne me connaissait bien, et elle avait touché toutes les cordes sensibles dans son discours cinglant mais passionné.


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