-Chapitre 141-
Added 2025-02-05 20:38:58 +0000 UTC-Chapitre 141-
-POV Rhaenyra Targaryen-
J’ai froncé les sourcils en observant toutes les personnes rassemblées dans la cour, puis j’ai demandé doucement à Laenor :
« Qu’est-ce qu’il se passe ? »
Laenor a haussé les épaules, puis il a dit :
« Laena n’a rien voulu me dire, mais c’est Aemon. »
J’ai froncé les sourcils et j’ai regardé vers le bas pour observer mon cousin, qui attendait que les derniers serviteurs se rassemblent dans la cour du Donjon Rouge, où une masse de serviteurs en tout genre étaient déjà réunis.
‘Qu’est-ce que tu veux faire ?’ pensai-je en regardant, confuse, Aemon faire signe à ses chevaliers, qui avaient ‘envahi’ le château par centaines ce matin pour en prendre le contrôle total.
‘Les conséquences d’avoir fait de lui la nouvelle Main du Roi,’ pensai-je en fusillant mon père du regard.
Il se tenait à une dizaine de mètres, entouré d’Alicent ainsi que de ses autres enfants, regardant lui aussi, ignorant comme nous tous, ce qui allait se produire.
‘Remettre les clés du royaume à Aemon était la dernière chose à faire, même si je déteste cette vipère,’ pensai-je en observant Otto Hightower, qui m’observait au loin, seul et démuni de son épingle.
‘Cette chose qui lui faisait penser qu’il était le plus puissant dans ce château, alors que je pouvais littéralement réduire en cendres tout ce qui importait pour lui,’ pensai-je en détournant le regard de la vipère, qui avait épuisé tout son venin et n’avait plus de crocs pour mordre.
Aemon a soudainement avancé et a dit d’une voix puissante qui résonnait dans toute la cour du château :
« CEUX DONT JE CITERAI LE NOM AVANCERONT DEVANT MOI ET SE METTRONT EN RANG.»
Personne n’a rien dit, confus par l’ordre soudain, mais Aemon n’a pas attendu d’avoir l’attention de tous et a simplement commencé à faire l’appel :
« Mary la servante, Ernest le palefrenier, Basil l’apprenti cuisinier, Ceryse la servante… »
Après avoir appelé une longue liste de noms à s’avancer pendant près d’un quart d’heure, pratiquement la moitié des serviteurs dans la cour avaient été séparés et attendaient, anxieux, de savoir ce qui allait leur être reproché.
Le fait qu’Aemon mobilise plusieurs centaines de chevaliers et demande à toute la noblesse présente dans la capitale d’assister, y compris nous, membres de la famille royale, à ce moment était une démonstration de force.
C’était presque une façon de dire à tous : J’ai gagné, et à partir de maintenant, vous allez tous avaler gentiment et sans faire d'histoire.
Aemon plia la feuille sur laquelle étaient écrits tous les noms qu’il venait de citer, puis il dit sur un ton ne contenant aucune émotion, ni positive ni négative, un ton plat et parfaitement neutre :
« Tous les serviteurs dont je viens de citer les noms sont suspectés d’avoir conspiré contre la Couronne et seront donc placés en détention dans les cachots de la capitale jusqu’à ce que toute la lumière soit faite sur cette affaire. Boucliers de Bronze, arrêtez-les tous. »
« Votre Altesse, s’il vous plaît, j’étais obligé, ils ont menacé ma famille ! » dit un homme en se jetant aux pieds d’Aemon.
Ce dernier ne réagit pas et regarda froidement cet homme se faire relever brutalement par deux chevaliers de son ordre personnel et être poussé dans le rang des personnes qui venaient de passer du statut de serviteurs à prisonniers.
‘C’est une aberration,’ pensai-je en me retenant de toutes mes forces de dire quoi que ce soit, car j’étais en train de réaliser ce qu’Aemon était en train de faire.
‘Il infiltre le château au grand jour, devant tous,’ pensai-je.
Dans le tas de personnes arrêtées, plusieurs serviteurs agissaient comme informateurs pour moi, mais aussi pour Alicent et Larys.
‘Il veut nous contrôler en nous faisant peur,’ pensai-je.
« Quel connard, » dis-je à voix basse avant de me retourner pour m’en aller.
« MAINTENANT QUE NOUS AVONS RÉGLÉ LA QUESTION DES SERVITEURS, PASSONS À CELLE DES NOBLES ! » hurla-t-il cette fois, sa voix se répandant partout comme un tonnerre frappant chacun de nous et nous laissant sous le choc.
« EN MA QUALITÉ DE MAIN DU ROI, J’ACCUSE LES PERSONNES SUIVANTES D’AVOIR TRAHI LA COURONNE ET JE LES SOMME DE SE RENDRE IMMÉDIATEMENT, SOUS PEINE DE VOIR L’ENTIÈRETÉ DE LEURS MAISONS DÉTRUITE PAR LE SOUFFLE DÉVASTATEUR UNI DE CELLE DU DRAGON. »
Après quelques instants, il continua, me laissant totalement sidérée par ce qui était en train de se passer sous les yeux de tous.
Je me suis tournée vers Père, qui avait l’air complètement dépassé par toute cette situation.
Au moment où il voulut dire quelque chose, une ombre immense plana sur nous, projetant le Donjon Rouge dans une brève mais totale obscurité.
‘Connard,’ pensai-je, comprenant qu’il venait encore d’utiliser son truc avec son dragon.
‘J’avais presque oublié pourquoi il était si dangereux en dehors de la taille de cette bête,’ pensai-je en observant le plus grand dragon vivant planer quelques instants, jetant un silence glacial sur la capitale tout entière avant de rugir de toutes ses forces.
RUGISSEMENT D’URRAX
« LARYS FORT ! »
Dès le premier nom, j’ai compris qu’il allait frapper fort afin de déstabiliser toutes les Maisons qui pensaient avoir un quelconque pouvoir dans ce royaume et qui ne lui étaient pas dévouées.
Je me suis tournée vers Harwin, qui regardait son frère au loin, inquiet pour lui, alors que des chevaliers se dirigeaient droit vers lui afin de l’emmener dans les cellules noires.
Avant même que je puisse dire quoi que ce soit pour le réconforter, Aemon continua :
« BENNARD STARK ! »
Entendre le nom de l’actuel Régent du Nord, une région que nous ne contrôlions pas aussi bien que nous le souhaitions en raison de sa taille, mais aussi de sa foi et de l’image qu’ils avaient de nous après que notre Maison leur ait retiré le Don puis le Nouveau Don afin de nourrir la Garde de Nuit et seulement eux, m’a fait froid dans le dos.
Car cela pouvait mener à une rébellion.
‘À une révolte qui créerait le chaos dans tout le royaume.’
‘Les dragons ne sont pas invincibles,’ pensai-je.
Père m’avait énormément appris ces dernières années, et bien que je croyais toujours que le feu du dragon unissait les Sept Royaumes, ce n’était pas quelque chose d’infaillible.
‘Si nous nous retrouvons de l’autre côté de la pointe de toutes les lances de ce continent, nous ne ferons pas long feu…’
« HARLON GREYJOY ! »
‘Pourquoi le Seigneur de la Maison Greyjoy ?!’ me suis-je demandé, ne comprenant pas pourquoi il voulait également soudainement s’en prendre à la Maison Greyjoy.
« ET EN DERNIER LIEU, AFIN DE CLÔTURER LA LISTE DES TRAÎTRES, OTTO HIGHTOWER ! DANS TROIS LUNES SE TIENDRA LE TOURNOI DE LA MAIN AFIN DE CÉLÉBRER MA NOMINATION, TOUTES LES PERSONNES CITÉES AURONT DROIT À UNE DÉFENSE EN BONNE ET DUE FORME. 14 JOURS AVANT LE DÉBUT DES FESTIVITÉS, 7 JOURS AVANT, AURA LIEU L’EXÉCUTION DE TOUTES LES PERSONNES RECONNUES COUPABLES D TRAHISON À FOSSEDRAGON ! » termina Aemon.
‘Il a perdu l’esprit,’ pensai-je, ne comprenant pas ce qui était en train de se passer.
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-POV Aemon Targaryen-
En m’éloignant de la foule qui était en train de chuchoter furieusement, j’ai rejoint Gunthor, qui avait l’air un peu inquiet mais qui gardait bonne figure.
‘Même après toutes ces années, il n’a pas changé,’ pensai-je en regardant mon bras droit fixer toutes les personnes qui s’approchaient de nous pour nous parler, malgré le fait que j’ignorais tout le monde, car je ne voulais pas expliquer mes agissements.
‘Je n’en ai plus besoin,’ pensai-je, car la petite épingle que je portais au-dessus de mon cœur était le symbole qui avait tout changé.
La raison pour laquelle un second fils imbu de sa personne terrifiait tous les seigneurs du royaume n’était pas parce qu’il avait un dragon, parce qu’il était bon combattant, ni même parce que c’était un homme réputé pour sa cruauté, même si je savais qu’il l’était.
Non, la raison pour laquelle une personne qui aurait dû rester inconnue se prenait pour un autre et arrivait à insulter sans trembler un prince capable de contrôler les actions d’un putain de dragon, c’était à cause de cette petite épingle.
L’épingle qui signifiait qu’il agissait au nom du roi.
Et désormais, à partir d’aujourd’hui, c’était moi la voix du roi.
‘Tout ce que je faisais était juste et justifié par cette petite épingle, le plus grand pouvoir du royaume qui puisse exister en temps de paix,’ pensai-je en souriant légèrement, tout en me préparant à la discussion qui s’imposait.
« Sa Grâce, le Roi Viserys exige votre présence dans la salle du trône… immédiatement, » dit-il en me fusillant d’un regard qui aurait terrifié la plupart des gens.
« Ouvrez la voie, » dis-je tranquillement, le sourire aux lèvres, car rien ne pouvait gâcher mon humeur après avoir enfin fait ce que je voulais depuis des années.