-Chapitre 140-
Added 2025-02-04 22:37:36 +0000 UTC-Chapitre 140-
-2e jour de la 4e lune de l’an 121 AC-
-POV Otto Hightower-
« Père, » dit Alicent en entrant dans mon bureau.
J’ai hoché la tête, légèrement distrait, puis je lui ai demandé immédiatement après :
« Est-ce que tu as discuté avec le roi ? »
Alicent secoua la tête, puis dit : « Il ne m’a pas fait appeler dans ses appartements la nuit dernière. »
« Cela ne s’annonce donc pas bien, » ai-je conclu.
Alicent voulut me rassurer, mais finalement, elle ne dit rien et hocha la tête.
J’allais dire quelque chose, mais la porte s’ouvrit. Alors que j’étais sur le point de réprimander la personne pour ne pas s’être annoncée, j’ai identifié l’intrus comme étant le Lord Commandant de la Garde Royale.
« Le Roi vous demande, » dit-il simplement d’un ton neutre.
‘C’est donc maintenant,’ pensai-je en observant l’épingle du roi avec laquelle je jouais.
J’ai soupiré avant de l’accrocher encore une fois à mon pourpoint, puis je me suis levé, décidé à faire face avec dignité à mon renvoi…
‘À mon second renvoi,’ pensai-je.
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« Otto, » dit le roi au moment où je suis entré dans la salle du conseil, désormais vide de toute autre présence que la nôtre.
« Mon roi, » dis-je en baissant la tête.
Pendant l’espace de quelques instants, un silence lourd et pesant s’installa dans la pièce avant qu’il ne me dise :
« C’est la seule chose à faire. J’espère que tu comprendras mon choix. »
J’ai serré les dents sans rien dire et j’ai hoché la tête, même si je ressentais une colère brûlante dans ma poitrine.
« Parfait, » dit-il avant de me faire signe que je pouvais m’en aller.
Nous n’avons pas échangé, et la ‘discussion’ fut courte, mais j’avais vu ce que je voulais voir et je savais que Viserys ne me faisait plus du tout confiance.
Sinon, il se serait battu ou, du moins, il se serait excusé de son choix.
‘Il avait presque l’air indifférent à mon renvoi,’ remarquai-je en retirant mon épingle et en la laissant sur la table avant de quitter la pièce.
‘Ce n’est pas la première fois que je suis renvoyé de ce siège. Je trouverai une façon de revenir tôt ou tard,’ pensai-je, espérant de plus en plus que mon petit-fils arrive à récupérer son droit de naissance.
‘La couronne que notre famille mérite,’ pensai-je, ne m’avouant pas vaincu malgré le genou que le prince Aemon venait de mettre à terre.
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-POV Aemon Targaryen-
« Alors, toujours pas de nouvelles ? » demanda Jeyne en tartinant de beurre et de confiture la tartine de Baela.
‘Elle s’est plutôt bien adaptée à la vie de famille,’ pensai-je.
Même si je connaissais l’ambition débordante qui n’avait jamais quitté le cœur de ma seconde épouse, j’avais tout fait afin de créer également une sorte de lien entre nous tous qui la relierait à nous.
‘Le simple fait qu’elle considère les jumelles comme ses propres filles est une grande étape que nous avons franchie,’ pensai-je en me souvenant qu’elle n’avait pas voulu de second enfant après la naissance d’Aerys, mais qu’elle avait été particulièrement présente dans la vie des filles, ainsi que pour aider Laena, qui s’était légèrement assouplie avec elle.
J’ai secoué la tête, puis j’ai dit en épluchant une pomme avec un couteau pour Aerys :
« Pas de nouvelles, mais je ne suis pas inquiet. Cela fait maintenant quatre ans qu’aucun navire ne passe dans le détroit, malgré nos accords de paix ainsi que les divers armistices que nous avons réalisés. »
« Ne serait-ce que pour les pertes économiques catastrophiques que la couronne essuie depuis maintenant quatre ans, te nommer Main du Roi en vaudra la peine, » dit ma mère.
J’ai hoché la tête, puis Jeyne m’a demandé :
« Tu es prêt à rouvrir l’accès à Essos ? »
« Je compte réellement faire la paix, » dis-je, évitant de répondre à cette question devant les enfants, car je ne savais pas ce qu’ils pouvaient répéter.
Jeyne sourit sans rien dire, car elle me connaissait assez pour savoir que je n’oubliais aucun affront, mais que je prenais simplement mon temps pour récupérer la dette due.
« Votre Altesse, » dit Ser Steffon Darklyn aux portes de la pièce où nous déjeunions tous ensemble.
J’ai haussé un sourcil interrogateur, puis ce dernier dit :
« Sa Majesté vous demande. »
J’ai hoché la tête, puis j’ai coupé la pomme que je venais d’éplucher. Mais Ser Steffon insista et dit :
« Sa Majesté vous attend. »
« J’ai entendu la première fois, Ser Steffon, mais j’ai de nombreuses responsabilités, comme vous pouvez le voir, » dis-je avant de remettre les quartiers de pommes dans l’assiette.
« Que dois-je dire au Roi ? » me demanda Ser Steffon, essayant de presser une réponse de ma part.
« Absolument rien. Vous attendez simplement que je termine, » dis-je en lui indiquant d’attendre à la porte.
Laena m’a lancé un regard amusé, comprenant que je jouissais du moment présent, mais n’a rien dit et a fait comme si tout était normal, tout comme toutes les personnes rassemblées à table, ignorant totalement le Commandant de la Garde Royale, qui dut attendre impuissant à la porte que nous finissions de déjeuner.
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-POV Viserys Targaryen-
Toc… Toc… Toc…
« Entrez, » dis-je, connaissant déjà l’identité de la personne derrière la porte.
Aemon entra, muni d’une expression neutre, ne laissant rien transparaître sur son visage, et dit :
« Désolé pour l’attente, nous étions à table avec les enfants. »
J’ai froncé intérieurement les sourcils face à la nonchalance avec laquelle il venait de passer sous silence le fait que je l’attendais depuis pratiquement une heure, mais j’ai finalement décidé de laisser couler.
‘Ce n’est pas le moment pour ce genre de futilités. Il veut simplement me faire comprendre qu’il est mécontent de moi et qu’il n’est plus à mon service,’ me dis-je, comprenant ce qu’il essayait de faire.
J’ai agité la main, puis j’ai dit en indiquant un siège :
« Prends place, nous avons à discuter. »
Aemon prit place, toujours aussi détendu qu’à son habitude, puis je dis :
« J’ai longuement discuté avec Aegon à son retour l’an dernier. »
« Hmm, » fit Aemon, pas intéressé par ce que mon fils avait bien pu me raconter.
« Il m’a dit qu’il avait exprimé sa volonté de rester dans le Val, » dis-je, observant la réaction d’Aemon.
‘Du moins, son manque total d’expression,’ pensai-je en observant son visage neutre.
Aemon dit simplement :
« Il me semble que je te l’avais déjà dit dans l’une des lettres que je t’avais envoyées. »
« Tu comprends qu’étant donné les circonstances, je n’avais pas grande foi en tes paroles, » dis-je.
Aemon hocha simplement la tête et dit :
« Je comprends. »
Un petit silence s’installa avant que je ne le brise en demandant à mon neveu :
« Est-ce que tu as tué Arnold ? »
« Je ne l’ai pas tué de mes mains, si c’est là ta question, » dit Aemon, niant l’avoir fait, mais sa phrase comportait un double sens tacite.
‘Je ne l’ai pas fait moi-même.’
J’ai fermé les yeux, puis j’ai demandé en changeant de sujet :
« Est-ce qu’Otto a vraiment fait en sorte de nous confronter ? »
« Si ce n’était que ça, » dit Aemon d’un ton moqueur, sans avoir l’intention de s’épancher sur le sujet, son regard ne quittant pas l’épingle d’Otto posée sur la table.
« Elle est toute à toi, » dis-je avant d’ajouter :
« Mais tu dois me promettre une chose avant. »
« Quelle chose ? » me demanda Aemon.
« Je veux que tu me promettes de faire de ton mieux, » dis-je en le fixant sérieusement.
Aemon ramassa l’épingle et dit en l’accrochant à son torse :
« J’ai toujours fait de mon mieux pour la famille. Comme je l’ai déjà dit, si j’avais été un démon assoiffé de sang, j’aurais fait bien pire que simplement prendre le contrôle des Stepstones. »