SakeTami
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-Chapitre 96-

-Chapitre 96-

-POV Tommen Baratheon-

« Que me recommandez-vous, Ser Balon ? » ai-je demandé au chevalier que je savais être beaucoup plus instruit dans tout ce qui concernait les stratégies de guerre et de siège.

‘Son expérience en la matière ne peut pas me faire de mal,’ me suis-je dit en attendant curieusement de connaître l’avis de mon garde royal sur la question.

Ser Balon observa le château quelques instants avant de finalement se tourner vers moi et de dire :

« Je vous aurais conseillé en temps normal de séparer nos forces de manière égale pour attaquer les quatre fronts en même temps, mais tout bien réfléchi, il serait peut-être plus prudent de garder nos forces unies pour nous prémunir face à une possible embuscade de l’ennemi. »

J’ai hoché la tête, d’accord avec lui, mais Sandor Clegane secoua la tête et dit :

« S’ils étaient assez nombreux pour nous affronter, ils nous auraient tendu des pièges plus meurtriers, mais surtout, ils nous auraient engagés dans la forêt au lieu de nous laisser arriver jusqu’ici. »

‘Il n’a pas tort,’ me suis-je dit, reconnaissant également son point de vue avant de méditer quelques secondes sur la meilleure solution possible ainsi que sur les risques que j’étais prêt à prendre pour vaincre.

Après quelques instants, je me suis finalement décidé et j’ai dit :

« Nous allons séparer nos forces en quatre armées différentes, mais nous laisserons le plus gros de nos troupes ici avec nous, dans un bloc central qui pourra se défendre en cas d’attaque surprise. »

« Combien de soldats allons-nous envoyer sur les autres fronts ? » demanda Ser Balon d’un air curieux.

« 10 000, » dis-je d’un ton neutre, m’étant décidé sur la voie que nous allions suivre.

‘Cela nous laissera un peu plus de 30 000 soldats pour pouvoir contrer tout assaut venant de notre dos que nous n’aurions pas pu prévoir,’ pensai-je, extrêmement confiant dans le fait de pouvoir détruire l’armée qui nous avait tendu des embuscades dans les bois avec 30 000 hommes.

‘Même si nous n’arrivons pas à la vaincre, nous tiendrons assez longtemps pour que les autres troupes reviennent et forment un étau autour d’elle pour pouvoir les asphyxier,’ pensai-je avant de donner rapidement mes consignes aux lieutenants qui nous écoutaient, mais qui n’osaient pas intervenir.

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-POV Alynne Connington-

J’ai froncé les sourcils en observant quelques instants la façon dont les troupes fidèles à la catin et son bâtard se déployaient, puis j’ai dit à Ser Arlan :

« Faites en sorte que les autres chevaliers noirs soient postés sur les autres murs. Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser les soldats de cette garce de Cersei nous déborder. »

« Très bien, » dit-il en hochant la tête avant de donner ses ordres.

« Archers !!! » hurlai-je en attrapant une flèche dans un seau à ma gauche.

« Bandez votre arc ! » criai-je en montrant l’exemple, tendant mon arc au maximum en attendant que les troupes ennemies soient assez proches de nous pour pouvoir relâcher ma flèche.

Il ne fallut pas attendre bien longtemps, car les premiers soldats entrèrent à portée de tir quelques instants plus tard, tenant des boucliers et des échelles au-dessus de leurs têtes.

« LÂCHEZ ! » ai-je hurlé en lâchant ma propre flèche au préalable.

Swiish Swiish Swiish

Swiish Swiish Swiish

Swiish Swiish Swiish

Le fait que les soldats ennemis essayent de se protéger avec des échelles et des boucliers ne m’a bien entendu pas empêché de faire mouche.

Ma flèche atterrit entre le plastron et le casque d’un soldat qui s’effondra au sol, incapable de respirer.

J’ai senti une petite boule se coincer dans ma gorge, mais je ne me suis pas perdue dans l’ivresse de la bataille ou dans la peur de ce que je venais de faire.

J’ai simplement repris une autre flèche calmement et j’ai crié une seconde fois :

« Bandez votre arc ! »

Tous les archers ont bandé leurs arcs au maximum, puis, cette fois, plus rapidement, j’ai crié, mais d’un ton plus calme, plus monotone :

« Lâchez. »

Comme la première fois, le son d’une multitude de flèches volant dans le ciel accompagnant ma flèche siffla à mes oreilles.

Swiish Swiish Swiish

Swiish Swiish Swiish

Swiish Swiish Swiish

J’ai observé, satisfaite, les flèches s’abattre sur nos ennemis tel une pluie mortelle envoyée par les Dieux pour reprendre les pécheurs qui avaient cru pouvoir nous abattre et prendre le royaume de mon frère en son absence.

« Bandez votre arc !! » dis-je à nouveau en répétant les mêmes mouvements.

‘Vous abreuverez le sol de votre sang avant de prendre ne serait-ce qu’un pouce de la terre d’un Connington,’ pensai-je, parfaitement prête à mourir pour lui, comme chacun de ses hommes.

« Lâchez !! » criai-je à nouveau en relâchant ma flèche.

Swiish Swiish Swiish

Swiish Swiish Swiish

Swiish Swiish Swiish

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-POV Tommen Baratheon-

« Les archers du camp adverse font beaucoup trop de dégâts dans nos rangs, » dis-je d’un ton mécontent en voyant une énième pluie de flèches s’abattre sur nos soldats.

Même si je n’avais envoyé que 5 000 hommes à l’assaut du Mur Nord, c’était sûrement plus d’hommes qu’il n’y en avait dans toute la forteresse.

‘Et résultat, nous avons perdu pratiquement la moitié de nos hommes,’ pensai-je, légèrement amer du résultat.

« Pourquoi restent-ils plantés là sans rien faire ? » dis-je, les sourcils froncés en voyant des soldats sortir du rang et rester figés jusqu’à ce qu’une flèche leur perce le bras ou la jambe, laissant une ouverture pour qu’une autre flèche touche un point vital.

« C’est normal, étant donné qu’ils ne savent toujours pas tenir un putain de bouclier correctement, » grogna Sandor Clegane, l’ancien ‘chien’ de Joffrey, à mes côtés, à qui il démangeait de se retrouver en première ligne.

‘Il pourrait changer la donne si je lui laissais une opportunité,’ pensai-je, hésitant l’espace d’un instant avant de me résigner.

‘Il est trop précieux pour que je risque sa vie d’une telle façon,’ me dis-je, abandonnant toute idée de faire appel à lui pour rallier mes soldats et créer une brèche dans la défense adverse.

« Faites en sorte que votre compagnie reforme ses rangs correctement et arrête de rester statique, » dis-je à un mercenaire venu de Braavos qui s’était engagé dans notre armée pour l’or et qui était apparemment si compétent qu’il avait été nommé capitaine.

‘Voyons s’il est aussi compétent qu’il a bien voulu nous le faire croire,’ pensai-je en le voyant galoper vers l’avant, puis s’arrêter à bonne distance du château pour continuer à pied, le bouclier bien levé afin de se protéger des flèches venant du ciel.

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Après environ un quart d’heure, j’ai pu observer les premiers changements sur le champ de bataille, car les troupes s’étaient reformées, même si elles étaient bien moins nombreuses qu’avant.

« Il ne reste qu’un peu plus de la moitié de nos hommes, » dis-je, les sourcils froncés, car c’était une véritable défaite pour moi de perdre autant d’hommes sur le front avant même d’avoir pu atteindre les remparts de Bronzegate.

« C’est Alynne Connington qui défend la forteresse. Il est normal qu’ils se battent avec autant d’ardeur. Une fois que nous aurons pris Bronzegate, nous serons en position de force, » dit Ser Balon.

J’ai froncé les sourcils et j’ai demandé :

« Comment le savez-vous ? »

« Le blason personnel de Ronnet Connington est un griffon argenté taché de sang. Celui de son frère Raymund est un griffon rouge et celui de la sœur Connington est un griffon blanc immaculé, » dit-il naturellement en pointant l’un des étendards près du centre du mur.

‘Comment ai-je pu passer à côté de ce détail si important ?’ pensai-je, décidant en une fraction de seconde de laisser tomber la stratégie initiale pour adopter une stratégie plus agressive.

« Nous n’aurons même pas besoin de prendre les châteaux un à un jusqu’à Griffin Roost. Tant que nous prenons Bronzegate, la guerre cessera, » dis-je, le cœur battant, mon esprit tourbillonnant d’une multitude de stratégies et d’idées pour mettre un terme à cette guerre le plus rapidement possible.

« C’est une possibilité, votre majesté, » dit Ser Balon d’un ton prudent, mais je ne l’ai pas laissé finir avant de dire :

« Faites avancer toutes nos troupes et faites passer le mot. Je veux que nous ayons pris le château dans l’heure qui suit ! »

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-POV Ronald Connington-

« La situation a bien évolué, votre altesse, » dit Ser Frederik, les sourcils froncés en arrêtant son cheval à moins de deux mètres de moi.

« Que s’est-il passé ? » ai-je demandé, préoccupé par l’avancement de la bataille.

« L’usurpateur Tommen Waters a décidé de faire avancer toutes ses troupes d’un seul coup. À en juger par les messagers que j’ai vus quitter son camp, je pense qu’il a donné le même ordre à toutes les autres parties de son armée qui l’avaient quitté au départ pour assiéger les trois autres murs, » dit Ser Frederik.

Je n’ai pas relevé le mépris avec lequel il parlait de Tommen, car j’étais habitué à sa haine des Lannister.

J’ai simplement demandé :

« Vous pensez que ma tante pourra tenir combien de temps ainsi ? »

« Honnêtement, je n’en ai aucune idée, » dit-il dans un premier temps avant d’ajouter :

« Mais même avec les cinq chevaliers noirs que vous avez mis à sa disposition, je ne pense pas qu’elle tiendra très longtemps. »

J’ai froncé les sourcils, car cela ne m’arrangeait pas vraiment.

Si Tommen avait suivi ce que j’avais initialement prévu, d’ici la fin de la journée, ses troupes seraient complètement épuisées et ne pourraient plus opposer de résistance contre une attaque surprise venant de leur dos.

‘Mais à présent, l’avenir est plus qu’incertain,’ pensai-je, ressentant une pression immense s’abattre soudainement sur mes épaules.

‘Dois-je sacrifier nos soldats pour épuiser le plus possible les troupes de Tommen ou bien dois-je engager le combat ?’ me demandai-je sans arrêt.

‘Que ferais-tu à ma place, Père ?’ me suis-je demandé en fermant les yeux.

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-Début du Flashback-

« Pourquoi tes soldats te traitent-ils plus comme un autre soldat que comme leur maître ? Grand-père n’était pas comme ça, » demandai-je, curieux de la façon dont père interagissait avec ses soldats.

Père éclata de rire et puis dit :

« Je ne suis pas leur maître, et ce ne sont pas mes esclaves. Ils sont tous libres de se battre pour moi ou non. »

Il s’arrêta quelques instants pour observer ses hommes en train de s’entraîner, puis continua en disant :

« Ils se sont tous engagés pour une raison qui n’a sûrement rien à voir avec moi, et contrairement à la majorité des ‘maîtres’, j’en suis conscient dès le départ. »

Il fit une pause, puis ajouta :

« Quand je vois un soldat ou que je parle avec un soldat, ce n’est pas seulement lui que je vois. C’est aussi sa famille, ses amis, ses proches, tout ce qui fait de lui un combattant, tout ce qui fait de lui un guerrier, tout ce qui anime en lui la flamme qui le poussera à se dépasser et à avancer, quelles que soient les épreuves qui se trouvent sur son chemin. »

J’ai froncé les sourcils, ne comprenant toujours pas ce que cela avait à voir avec ma question de départ, puis père dit :

« Mes soldats me traitent comme un membre de leur famille, car je fais en sorte qu’ils se sentent comme tels. Pour mes soldats, je serais prêt à verser mon sang et à mourir. J’avance toujours en tête, prenant les mêmes risques qu’eux, sans jamais les jeter en pâture comme des boucliers de chair humaine. Je traite chacun d’entre eux comme un frère. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui, chacun d’entre eux me suit sans poser de question. »

J’ai baissé légèrement les yeux vers le sol, puis j’ai demandé :

« Et pour moi ? »

« Pour toi, quoi ? » m’a-t-il demandé d’un air confus.

J’ai baissé la tête encore plus, puis j’ai demandé nerveusement :

« Tu serais prêt à te battre pour moi ? »

Père a souri sans rien dire pendant quelques instants avant de finalement dire, en posant une main sur ma tête :

« Pour toi, je serais prêt à rendre les armes, mon fils. »

J’ai relevé la tête, surpris, puis ce dernier ajouta :

« La famille, c’est sacré. Ne l’oublie jamais, Ronald. Protège toujours les membres de ta famille… tous les membres de ta famille. »

-Fin du Flashback-

J’ai pris une profonde inspiration, puis j’ai rouvert les yeux avant de sortir mon épée et de crier :

« Derrière cette colline se trouve l’ennemi qui assiège nos frères d’armes. Allons-nous les laisser massacrer nos frères ? »

« NON ! »


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