SakeTami
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-Chapitre 135-

-Chapitre 135-

-POV Aerthoreon Haen-

« Vous êtes un chanceux, mon ami, » dit Tigaro Moraqos d’un ton clairement envieux avant d’ajouter :

« Dire que le Prince atterrisse dans votre jardin et que cela vous donne l’opportunité de nouer un lien avec le cavalier de dragon le plus craint du monde connu. »

Le sourire sur mon visage s’est légèrement figé, car même si j’étais le chef de notre petite faction, Tigaro Moraqos était un jeune homme ambitieux.

Il avait les dents longues et était facilement envieux des richesses et des positions des autres.

J’ai gardé mon expression aussi naturelle que possible en répondant humblement :

« Je dois bien avouer que je suis en veine, car figurez-vous que non seulement le Prince et moi avons sympathisé, mais je pense qu’il est intéressé, ou du moins pourrait être intéressé, à former une alliance avec nous. »

Une lueur s’alluma dans le regard de Tigaro.

Il comprit immédiatement le message que je tentais de lui transmettre.

Il prit quelques secondes avant d’hocher la tête et de dire à mon fils, en lui tapotant l’épaule comme un vieil homme donnant des conseils à un plus jeune :

« Tu as énormément à apprendre de ton père, Torreo. »

J’ai vu la mâchoire de mon fils se contracter légèrement en observant ce jeune homme d’à peine 25 ans le traiter comme son cadet.

‘Contrôle-toi, mon fils. L’orgueil ne te mènera nulle part,’ pensai-je en surveillant attentivement sa réaction.

Torreo sourit, puis dit en baissant légèrement la tête :

« Je n’ai jamais douté de la valeur de mon père, Magistrat Moraqos. »

« Je l’aime bien, votre fils, » dit Tigaro avant de se tourner pour aller discuter avec d’autres nobles qui arrivaient.

« Tu as bien fait, mon fils, » dis-je en posant une main sur son épaule.

‘Nous ne devons jamais attaquer de front. Nos poignards doivent être cachés derrière nos sourires,’ pensai-je en réitérant les enseignements familiaux que mon père, ancien chef de notre lignée, m’avait inculqués tout au long de mon éducation en tant qu’héritier.

« Je comprends pourquoi tu en as fait notre allié, » dit Torreo, même si je pouvais sentir l’agacement persistant dans sa voix.

‘Je ne sais toujours pas s’il est le bon héritier pour appliquer les politiques qui nous ont permis d’arriver là où nous sommes et de perdurer pendant des centaines d’années,’ pensai-je.

« Mais... »

« Mais cet homme est trop ambitieux et arrogant, » murmura Torreo, les sourcils froncés.

‘Il ne comprend pas encore,’ pensai-je, légèrement déçu.

« Le Premier Magister est-il arrivé ? » demandai-je pour changer de sujet, évitant de m’engager dans la discussion que Torreo venait d’entamer à propos de Tigaro Moraqos.

« Non, » répondit-il, comprenant que le sujet était clos pour l’instant, car ce n’était ni le moment ni le lieu pour ce genre de conversation, au milieu de la foule.

Je fronçai les sourcils et demandai :

« Que fait-il ? Je lui avais pourtant donné l’heure de… »

« Je pense qu’il viendra après le Prince, » dit Torreo.

‘Vaena,’ compris-je en regardant mon fils, réalisant rapidement d’où il tirait ses informations.

« Quel imbécile ! S’il offense le Prince Aemon en cherchant à lui montrer qui commande dans cette ville, je te l’assure… j’éradiquerai entièrement la lignée Aegoreon, » dis-je doucement, véritablement furieux à l’idée de me séparer de cette famille.

À ce moment-là, les portes fermées de la salle s’ouvrirent.

Pendant une seconde, j’eus l’espoir que ce soit cet idiot de Dagaemor, mais en voyant la silhouette du Prince Aemon accompagné du Black Swan, un profond sentiment de déception s’éleva en moi à l’égard de Dagaemor.

Ce sentiment se répandit rapidement en moi en apercevant ceux qui accompagnaient le Prince.

« Père, » dit Torreo, me sortant de ma transe, avant d’ajouter rapidement : « Pourquoi le Prince est-il accompagné des familles Bazanne et Rogare ? »

Je ne répondis pas à sa question, car je n’en avais pas la réponse, et ce n’était pas important.

‘L’important, c’est de satisfaire le Prince et de lier nos intérêts aux siens,’ pensai-je.

J’ai recouvert mon visage de mon plus chaleureux sourire avant de fendre la foule d’invités pour aller accueillir le Prince en personne.

---

-POV Aemon Targaryen-

Je haussai légèrement un sourcil en observant le nombre de personnes présentes, facilement plus d’une centaine.

Sachant que chacune représentait soit la famille d’un noble de la ville, soit un puissant prince marchand, soit une compagnie de mercenaires, je réévaluai soudainement la puissance de mon nom.

‘Mais tous ne seront pas mes alliés. Il ne serait pas surprenant que parmi eux se trouvent mes ennemis,’ pensai-je, observant les expressions de chacun pour repérer les loups tapis dans l’ombre.

« Votre Excellence… »

« Aerthoreon, nous avons dépassé le stade où nous devions nous appeler par nos titres, » dis-je avant d’ajouter : « Pour toi, c’est Aemon, mon ami. »

Il hocha la tête et je fis de même, lui rendant la politesse devant la foule qui nous observait attentivement.

Son regard s’attarda une fraction de seconde sur Johanna Swann avant de se tourner vers les personnes qu’elle avait invitées, parmi lesquelles figuraient des hommes influents, comme le Magister Bambarro Bazanne, le jeune capitaine d’une flotte de six navires de guerre, Sharako Lohar, ainsi que Drakerio Rogare, accompagné de ses deux fils, Lysandro et Drazenko.

J’ai souri, puis dit : « Je suis désolé de ne pas vous avoir prévenu, mais je ne peux rien refuser à Johanna. »

« Cela ne fait rien. Nous nous connaissons tous et sommes de très bons amis. Par ici, je vous prie. »

‘Toujours aussi serviable… Cet homme est soit un imbécile, soit un vrai serpent,’ pensai-je en le suivant de près.

Tandis que nous avancions dans la foule, Aerthoreon faisait les présentations.

Tandis que nous avancions à travers la foule, Aerthoreon faisait les présentations avec aisance, distribuant flatteries et mots aimables à chaque personne de moindre importance que nous croisions.

À chaque fois, j’offrais un simple signe de tête, comme un prince magnanime mais réservé.

Peu à peu, je compris que toutes les personnes présentes faisaient partie de sa faction.

‘Il est doué,’ pensai-je, reconnaissant habilement son stratagème pour m’entourer de personnes qui lui étaient fidèles.

‘Mais il se trompe. Je ne m’intéresse pas à eux. Ce qui m’intéresse, c’est le conseil des 18 Magisters,’ pensai-je, bien que je continuais à écouter attentivement. 

Après tout, peut-être que l’un d’eux pourrait m’être utile à l’avenir.

Alors que je suivais ses explications, un mouvement derrière nous attira mon attention.

« Qui voilà, si ce n’est pas cet impétueux rejeton d’esclave, » lança une voix sarcastique qui fendit la foule.

« Hm, je me disais bien que j’avais senti une odeur, » rétorqua Sharako Lohar, l’un des rares invités pour lesquels je n’avais pas trouvé d’intérêt.

Je savais qu’il me considérait comme un rival pour l’affection de Johanna, une affaire qui me paraissait aussi futile que lui-même.

‘Ces hommes baignent dans la richesse depuis leur naissance. Leurs querelles sont aussi futiles que leurs vies,’ pensai-je en voyant les deux s’énerver mutuellement à vue.

« Voici le Magister Tigaro Moraqos, » annonça Aerthoreon, lissant la situation avec une maîtrise parfaite.

« Un honneur de faire votre connaissance, Votre Excellence, » dit Tigaro en s’inclinant légèrement devant moi.

Je lui rendis son geste par un signe de tête poli avant de répondre, un sourire sur les lèvres :

« Vous me semblez bien jeune pour occuper une telle position. »

« Voilà donc une qualité que nous partageons, » répondit-il avec assurance.

Mon sourire s’élargit, amusé par sa réplique, et je répliquai :

« Il semblerait bien que ce soit le cas. »

Son audace m’amusait, mais je ne laissais rien transparaître de plus que ce sourire neutre.

***

N.A : Désolé pour la mise à jour tardive j'ai eu des soucis hier mais j'ai travaillé depuis le matin pour sortir les deux chapitres à temps et j'ai réussi à rattraper mon retard


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