-Chapitre 94-
Added 2025-01-21 20:06:57 +0000 UTC-Chapitre 94-
-29e jour de la 2e lune de l’an 301 AC-
-POV Ronnet Connington-
En voyant finalement les portes du château de Red Lake s’ouvrir, j’ai doucement souri avant d’agiter brusquement mes rênes pour entrer au galop dans le château d’un air confiant.
J’ai rapidement atteint les portes du château, où se trouvait Loras Tyrell, le visage maculé de sang, genoux à terre, la tête baissée face à moi.
« Qui vous a donné l’ordre de trahir Tywin Lannister ? Votre père ? Votre grand-mère ? Ou bien votre sœur ? » dis-je en tirant les rênes pour que mon cheval s’arrête devant lui.
« Personne », dit-il avant d’ajouter rapidement après : « Ma sœur Margaery m’a persuadé que prêter allégeance au véritable souverain juste et vertueux que vous êtes était la meilleure issue pour notre Maison. »
« C’était surtout la seule issue », dis-je, l’observant quelques secondes, sentant et appréciant le malaise que je lui procurais avant de finalement dire :
« Relevez-vous, Ser Loras. Vous m’avez rendu un très grand service, à moi ainsi qu’au royaume dans son ensemble. »
‘Faisons table rase’, pensai-je, décidé à honorer ma parole et à laisser les Tyrell vivre.
« Étant donné que vous vous êtes d’abord joint aux efforts de guerre de l’usurpateur Tommen Waters, j’imagine que vous et votre famille comprendrez que les territoires que j’ai conquis resteront la propriété de la Couronne. »
« J’en informerai mon père », dit Loras Tyrell sans me questionner davantage.
‘J’oublie qu’il a vu ce dont j’étais capable à l’époque’, pensai-je en souriant légèrement, ressentant un sentiment d’apaisement.
‘La guerre est enfin finie’, pensai-je, car avec la mort de Tywin Lannister et l’abandon des Tyrell, tous les obstacles qui me barraient la route venaient soudainement de disparaître.
‘Il ne me reste plus qu’à remonter avec l’armée des Tyrell et la mienne combinée pour soumettre les Westerlands’, me dis-je, en ayant également une pensée pour mon fils qui allait devoir affronter son meilleur ami.
J’ai soupiré doucement, le feu qui venait de s’allumer refroidi d’un seul coup, car je savais que dans une bataille, il y avait très peu de chances qu’une personne ressorte en vie.
'Et j'ai assuré celle de mon fils donc...'
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-POV Tommen Baratheon-
« Votre Majesté, la route est barrée », dit un de mes éclaireurs en revenant au galop.
« À quelle distance ? » ai-je demandé, intrigué mais surtout un peu méfiant.
‘C’est peut-être une façon dont les seigneurs locaux ont trouvé pour se défendre’, pensai-je, toutefois intrigué, car je ne pensais pas ces derniers assez fidèles à Ronnet pour se battre hors de leurs murs, dans le Kingswood, jusqu’à la mort.
‘Et surtout pas contre mon immense armée’, pensai-je, ne ressentant aucune pression des petites armées des seigneurs restés sur leurs terres dans les Stormlands, car mon armée, comptant plus de 80 000 soldats, était prête à tout écraser sur son passage.
« À une centaine de mètres de notre position actuelle », dit le chevalier dont je n’avais pas retenu le nom.
« Très bien, prenez des hommes avec vous et… »
Swiish Swiish Swiish
Swiish Swiish Swiish
« Aaaaaaaaaaaahhhh », hurla un homme, attirant mon attention.
J’ai été surpris de voir une flèche percer sa jambe et deux autres sa poitrine, tandis qu’il s’effondrait, toujours en vie, mais en proie à une douleur insoutenable.
Swiish Swiish Swiish
Swiish Swiish Swiish
Une seconde pluie de flèches a percé nos rangs et j’ai repéré leurs provenances.
« Nous sommes attaqués », hurlèrent les soldats en courant partout, complètement paniqués.
« Levez vos boucliers, bandes d’incapab… », hurla un officier avant de se faire réduire au silence par une flèche qui lui a percé la gorge.
Le malheureux essaya de porter une main à sa gorge, mais s’effondra sans rien pouvoir faire, raide mort des mains d’un ennemi inconnu.
‘D’un ennemi invisible.’
« LEVEZ VOS PUTAINS DE BOUCLIERS », hurla Sandor aux soldats autour de nous, qui cherchaient tous une issue au lieu de chercher à se battre ou même à se défendre.
« Votre Majesté, nous devons vous protéger », dit Ser Balon en me protégeant d’une flèche qui avait ma tête pour destination, me réveillant de mon état pratiquement en transe.
‘J’aurais pu l’esquiver’, me dis-je, car j’avais parfaitement vu la trajectoire de la flèche, mais j’étais tellement choqué par tous les sons, les bruits, la panique ainsi que le reste, que je n’ai pas su comment réagir.
‘Il n’y a pas à tergiverser’, pensai-je en levant haut mon épée et en tirant sur les rênes de mon cheval pour qu’il se cabre afin d’attirer l’attention des soldats environnants.
« SOLDATS », hurlais-je, ma voix portant au loin et arrêtant momentanément la panique qui s’était emparée des miens.
« Suivez votre roi », criais-je simplement avant de charger dans les bois, suivi par ma garde composée de gardes royaux, des chevaliers que ma mère m’avait assignés ainsi que divers chevaliers qui formaient ma garde rapprochée à cheval.
« Suivez le ROI !!! », hurla un officier avant d’être finalement rejoint par tous les soldats aux alentours qui ont retrouvé leur esprit combatif d’un seul coup.
‘C’est ce genre de roi que je serai, le genre de roi que l’on suivrait n’importe où, un grand roi qui inspire le courage et non la crainte’, pensai-je en sentant un sentiment d’anticipation grandir en moi.
Après avoir fait plusieurs mètres en avant, j’ai froncé les sourcils, parce que, même en pénétrant dans les bois, je n’apercevais toujours pas nos ennemis.
Craaack
« Huuuuuuuuhiiiiiiihu »
« Votre Majesté !!! »
‘Mince’, pensai-je en observant mon cheval transpercé de tous les côtés par les piques en bois du piège dans lequel il était tombé.
‘Heureusement que c’est un étalon robuste, avec un autre cheval je serais sans aucun doute mort en ce moment même’, pensai-je en sautant de ma monture et en m’agrippant au bord du piège avant de remonter à la surface.
« Votre Majesté, nous devons retourner en arrière et envoyer plus d’éclaireurs. Cette embuscade a clairement été faite pour nous attirer dans d’autres pièges. »
J’ai secoué doucement la tête avant de froncer les sourcils, puis je me suis demandé :
« Et si ce n’était pas nous qu’ils visaient ? »
Inconsciemment, à cause du sentiment de terreur qui grandissait au fond de moi, j’ai parlé à voix haute.
« Si c’est cela, alors ils doivent être en train d’attaquer le bout de la file », dit Ser Balon d’un ton ferme, démontrant toute la confiance qu’il avait dans ce qu’il avançait.
« Alors allons-y, nous n’avons pas de temps à perdre », dis-je, comprenant que si l’embuscade en tête de file n’était qu’un appât pour me distraire, alors je pourrais être en train de faire face prochainement à un véritable massacre.
‘Sans compter les hommes qui décideront de fuir’, pensai-je.
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-15 minutes plus tard-
« Qu’est-ce qui s’est passé ? », demandais-je en arrivant en bout de file bien trop tard.
Un chevalier de la Maison Manning s’est précipité pour mettre un genou à terre avant de dire :
« L’attaque a été rapide. Nous n’avons pas eu le temps de partir que l’ennemi s’était déjà enfui. »
J’ai observé le nombre de soldats étendus sur le sol, me retenant de vomir, avant de demander :
« Quelles sont nos pertes ? »
« Au moins 2 000 hommes, Votre Majesté », dit le chevalier en baissant la tête, honteux.
« Pardon ?! », dis-je, incapable d’accepter ce chiffre.
‘Nous avons perdu plus de 2 000 soldats alors que nous venons d’entrer dans les bois’, pensai-je, totalement choqué par le nombre de nos pertes.
‘À ce rythme, nous mettrons plus d’une, voire deux semaines à sortir du Kingswood.’
‘Nous ne pouvons pas continuer à avancer en une colonne aussi étirée’, pensai-je, car nous avions mis plus d’un quart d’heure à rattraper le bout de la file.
« Faites en sorte que les hommes marchent au pas de course et resserrent les rangs de l’armée. Nous ne devons pas laisser nos troupes perdre le moral et nous ne devons pas passer trop de temps dans le Kingswood », dis-je à l’un des officiers supérieurs qui m’accompagnait.
Ce dernier hocha la tête, puis il dit :
« Il serait plus sage d’envoyer plus d’éclaireurs, Votre Grâce. »
« Combien d’éclaireurs allez-vous envoyer cette fois-ci ? », ai-je demandé.
« Le double de la dernière fois », dit-il d’un ton confiant.
J’ai réfléchi quelques instants avant de finalement secouer la tête et de dire :
« Non, envoyez le triple, et même plus si nécessaire. Il n’est pas possible que nous nous fassions prendre une fois de plus à revers et que nous tombions dans ce genre d’embuscade. À l’avenir, nous devons sortir du Kingswood forts pour pouvoir prendre Bronzegate. »
« Très bien, Votre Grâce », dit-il avant de partir au galop pour donner ses ordres.