-Chapitre 132-
Added 2025-01-16 11:42:12 +0000 UTC-Chapitre 132-
-POV Johanna Swann-
-1er jour de la 1ère lune de l’an 117 AC-
RUGISSEMENT D’URRAX
J’ai levé les yeux du tissu que me présentaient mes couturiers en entendant le rugissement puissant d’un dragon.
‘Un rugissement que je connaissais mais qui était beaucoup plus puissant que celui que j’avais pu entendre à l’époque’, me dis-je, car ayant eu la chance de pouvoir côtoyer plusieurs cavaliers dragons et leurs dragons de près, j’avais appris à reconnaître les rugissements de certains d’entre eux.
Et puis j’ai fait signe de tête à tout le monde de sortir.
La seule qui est restée était Evelyn.
« Viens m’aider à me préparer, il faut que je sois parfaite », dis-je en faisant signe.
« Vous n’allez pas l’accueillir personnellement ? », me demanda Evelyn, surprise que je n’adopte pas une posture plus humble avec Aemon.
‘Aemon aime ce qu’il ne peut pas avoir, comme la plupart des hommes d’ailleurs’, pensai-je.
J’ai lancé un regard enjoué à Evelyn avant de me retourner pour inspecter ma silhouette dans le miroir et dire :
« Cela fait de nombreuses années que nous ne nous sommes pas vus. Je ne veux pas lui faire mauvaise impression. »
Evelyn sourit doucement, sachant que j’avais trouvé une nouvelle proie, et puis elle dit en se mettant derrière moi :
« Très bien, Ma Dame. »
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-POV Aemon Targaryen-
Dès que j’ai atterri, j’ai tout de suite su que j’étais sur le territoire d’une famille riche de Lys, car avant qu’Urrax ne s’y pose, les jardins étaient magnifiques, fraîchement taillés, et possédaient un vaste ensemble de fontaines.
‘Espérons que le propriétaire des lieux soit assez magnanime pour ne pas me tenir rigueur de notre… intrusion’, pensai-je en observant une des fontaines détruites ainsi que les fleurs qu’Urrax avait écrasées en se posant.
« Est-ce que ma mère est ici ? », me demanda soudainement Baelon, qui n’avait pas ouvert la bouche une seule fois depuis que nous avions quitté Bloodstone.
« Tu te décides enfin à m’adresser la parole ? », demandai-je d’un ton taquin à mon petit frère, qui n’avait toujours pas baissé sa garde à mon égard.
‘Je devais m’y attendre. J’ai brûlé tout ce qu’il avait jamais connu, et je l’ai emmené avec moi sans même lui poser la question de ce qu’il voulait’, pensai-je, comprenant aisément en mon for intérieur le fait qu’il garde ses distances avec moi par prudence.
‘Après tout, il ne s’est même pas écoulé une journée. Il faut que je lui laisse le temps et que je réussisse à gagner sa confiance’, pensai-je en ouvrant mes bras pour qu’il saute du dos d’Urrax.
Il a légèrement hésité avant de le faire, et une fois qu’il l’a fait, je l’ai rattrapé.
‘Ce n’est qu’un petit geste, mais au fur et à mesure du temps, il viendra à sauter les yeux fermés dans une mer de lave pour moi, car je gagnerai sa confiance’, pensai-je avant de me tourner vers les nouveaux arrivants.
Une troupe dirigée par des soldats-esclaves est arrivée près de nous de manière imposante, tout en protégeant un convoi d’esclaves transportant une espèce de gros lardon.
‘Il me fait penser à Jabba le Hutt’, pensai-je en me souvenant du personnage d’une franchise de films que j’avais vue dans ma vie précédente.
• [Nom : Aerthoreon Haen]
• [Âge : 57 ans]
• [Titre : Patriarche de la Famille Haen, Magister de Lys]
• [Allégeances : Famille Haen, Lys]
• {Attributs}
[Constitution : 31]
[Force : 35]
[Endurance : 19]
[Dextérité : 23]
[Agilité : 21]
[Vitesse : 21]
[Intelligence : 67]
[Volonté : 36]
[Charisme : 45]
[Perception : 39]
[Sagesse : 89]
Une fois arrivée à quelques mètres de moi, la troupe d’esclaves s’est arrêtée, et les porteurs ont déposé doucement la chaise, visiblement soulagés du poids qu’ils supportaient.
« Votre Excellence », dit l’homme, apparemment propriétaire des jardins dans lesquels je venais d’atterrir.
‘Plus humble que je ne l’aurais cru. Nous sommes pourtant en guerre avec la Triarchie depuis longtemps’, pensai-je.
« Vous êtes le propriétaire de ce magnifique endroit ? », demandai-je en faisant moi aussi l’effort d’être poli, car je venais de ruiner une bonne partie de son jardin, et cet Aerthoreon n’avait pas l’air de l’arrogant bouffi d’orgueil typique de Lys.
‘C’est l’effet Urrax’, pensai-je, en voyant l’homme en face de moi, dont les yeux ne pouvaient s’empêcher de regarder vers le haut à chaque mouvement ‘brusque’ d’Urrax.
« Ne vous en faites pas, Urrax est un bon garçon quand on ne menace pas son cavalier », dis-je en caressant les écailles d’Urrax.
Voyant l’éclat dans les yeux du Magister, je demandai : « Vous voulez essayer ? »
Ses yeux s’écarquillèrent comme des soucoupes, et il se désigna du doigt avant de demander : « Vous êtes sûr ? »
« Venez », dis-je en remarquant la fascination qu’il avait pour mon dragon.
‘C’est pareil pour tous ceux qui ont du sang valyrien. Où que j’aille, ils s’imaginent tous aux commandes d’un dragon’, pensai-je, cherchant à nouer une bonne relation avec ce Magister qui, d’après les vagues échos que je recevais, était assez puissant et dirigeait l’une des nombreuses factions de Lys.
‘C’est une aubaine que je sois tombé sur cette personne. Autant en profiter’, pensai-je en essayant de poser les bases d’une entente cordiale.
‘La première impression est importante’, pensai-je.
Depuis le début de cette guerre silencieuse, mon projet était de m’implanter plus profondément et plus sérieusement à Essos afin de contrer l’étranglement et la pression que tout le royaume, sous l’égide de Viserys et des siens, exerçait sur moi.
Aerthoreon s’approcha prudemment et tendit sa main petit à petit jusqu’à toucher les écailles chaudes d’Urrax.
Il fut surpris par la température et retira sa main tout en me regardant.
Je souris et l’encourageai à réessayer, évitant de rire car il ressemblait à un enfant émerveillé.
« C’est incroyable », réussit-il à articuler avant de se tourner vers moi pour ajouter : « Qu’est-ce qui vous amène dans notre magnifique cité ? »
« En plus de sa beauté ? », dis-je en observant les alentours véritablement paradisiaques.
‘Si l’on omet la foule d’esclaves tapis dans cette ville, qui mourront sous les coups de leurs maîtres ou chercheront à se suicider pour échapper à une vie entière d’esclavage’, pensai-je, abhorrant cela du fond du cœur.
‘Malheureusement, ce n’est pas en brûlant ces cités que je pourrais changer cela pour toujours’, continuai-je à réfléchir, ne voyant pas de grandes différences entre le traitement des esclaves ici et celui des serfs de Westeros.
‘À part les chaînes, ils vivent dans les mêmes conditions que ces derniers’, pensai-je en observant les esclaves, terrifiés à l’idée même de croiser mon regard, terrifiés à l’idée d’attirer mon attention.
‘Compréhensible, étant donné que même leur propre maître a peur de moi’, me dis-je, reportant finalement mon attention sur mon interlocuteur.
« Je suis venu dans cette ville pour finaliser une affaire avec le Cygne Noir. »
« Vous la courtisez aussi ? », me demanda le Magister Aerthoreon Haen, les sourcils froncés, non de colère mais d’une peur évidente.
Je secouai la tête et répondis : « Je connais le Cygne Noir depuis de très nombreuses années. Nous sommes des amis très proches, et je suis venu accompagné de son fils, Baelon Targaryen, mon demi-frère, le cavalier de Sheepstealer. »
« Ohhh », fit le Magister, impressionné, en observant Baelon, qui releva légèrement le menton lorsqu’il fut mentionné.
« Puis-je vous demander où est le dragon du Prince ? », demanda le Magister, ce à quoi Baelon baissa les yeux, sa fierté et son orgueil retombant instantanément.
Je posai une main sur l’épaule de mon petit frère avant de dire :
« Baelon est encore jeune et ne contrôle pas correctement son dragon. Mais une fois qu’il sera plus âgé, il deviendra une force avec laquelle il faudra compter. Soyez assuré que je ferai de lui un cavalier dragon plus féroce que notre père. »
« Le Rogue Prince, si mes informations sont correctes », dit le Magister Aerthoreon, son ton interrogateur masquant à peine qu’il connaissait déjà la réponse.
« Le Prince Daemon nous a donné du fil à retordre dans les Degrés de Pierre », ajouta-t-il.
« Vous a donné ? Je pensais que c’était des pirates ? », dis-je en haussant un sourcil face à la bévue de l’homme, qui devint presque immédiatement muet, me fixant avec de grands yeux.
« Pardonnez-moi, ce n’était qu’une plaisanterie », dis-je, le faisant se détendre, avant d’ajouter : « J’imaginais qu’étant donné que nous nous entendions si bien, nous pourrions passer ces formalités et plaisanter entre bons amis… à moins que vous ne me considériez point comme votre… »
« Bien sûr que nous le sommes ! », s’empressa de répondre le Magister avant d’ajouter : « Et pour célébrer notre amitié naissante, j’organiserai une fête en votre honneur, mon Prince. Dès ce soir, je n’y inviterai que certaines de mes connaissances. »
‘Jeyne a sûrement déjà terminé le travail, et le petit ne supportera pas un autre voyage. Je peux rester cette nuit et repartir demain matin avec Willem et Baelon’, pensai-je, hésitant à accepter l’invitation.
« La fête sera en l’honneur de l’enfant de la Princesse Jeyne Targaryen, qui est en plein travail à l’heure où nous parlons », dis-je en tendant une main à Aerthoreon, qui ne pouvait cacher le sourire éclatant sur son visage.
‘Il pense sûrement à utiliser notre amitié pour s’octroyer le poste de Premier Magister de Lys’, pensai-je, avant d’ajouter intérieurement : ‘Tu le seras, mais moi, je deviendrai le maître incontesté du Détroit et de la Triarchie grâce à toi.’