-Chapitre 131-
Added 2025-01-13 16:28:20 +0000 UTC-Chapitre 131-
-POV Baelon Targaryen-
« Prince Baelon, il est l’heure de vous réveiller, » dit Ser Rupert, les sourcils froncés, en entrant dans ma chambre sans même prendre la peine de frapper à la porte.
« J’arrive, » dis-je en me levant sans broncher malgré le manque de respect dont il venait de faire preuve.
‘J’ai l’habitude de toute façon,’ pensai-je en haussant mentalement les épaules.
« Le Prince Daemon a été très clair : vous devez vous entraîner à contrôler correctement son dragon, du moins si vous voulez manger aujourd’hui, » dit-il d’un ton dédaigneux et d’un air légèrement hautain.
« Je sais, j’arrive, » dis-je, agacé.
C’était la routine matinale pour moi depuis la naissance d’Aegon. Les chevaliers me réveillaient et m’amenaient devant Sheepstealer, et tant que je n’arrivais pas à le faire obéir, je n’avais pas le droit de manger.
C’était ainsi tous les jours de l’année, et je n’avais pas le droit de me plaindre, ou bien père me le faisait instantanément regretter.
‘Je comprends pourquoi grand frère déteste notre père. Si j’avais été à sa place, j’aurais aussi fait tout mon possible pour vivre le plus loin possible de lui,’ pensai-je.
RUGISSEMENT DE DRAGON
En entendant le rugissement de dragon venu du ciel, j’ai couru rapidement vers mon balcon et suis arrivé juste à temps pour voir Aemon perché sur le dos de son dragon Urrax, foncer droit sur le mur, la gueule ouverte, luisant d’une lueur noire argentée, prêt à tout détruire.
« DRAGON ! » hurlèrent les gardes ainsi que les chevaliers en fuyant dans tous les sens.
‘C’est Urrax,’ pensai-je, comprenant rapidement que mon frère était venu se venger de notre père.
BOOOOOOOOOM
Les portes et le mur d’enceinte, qui n’étaient pas très hauts mais avaient pourtant été construits à partir de roches extrêmement solides, ont volé en éclats sous la force du souffle brûlant d’Urrax.
Je me suis baissé légèrement en ressentant la chaleur des flammes, puis j’ai doucement relevé la tête, seulement pour apercevoir qu’Urrax venait d’atterrir dans la cour du petit château de Bloodstone.
‘Le château que père avait fait construire ces dernières années pour que nous puissions vivre de manière décente sur cette île,’ pensai-je en inspectant la cour du château désormais déserte.
‘Les gardes sont tous morts,’ pensai-je, tétanisé, en voyant les cendres des hommes s’élever dans les airs, tout comme la fumée des murs qui continuaient de brûler d’un feu noir argenté.
« Prince Baelon ! » cria Ser Rupert en faisant irruption dans mes appartements.
Il prit rapidement mes habits et me les jeta en criant : « Mettez rapidement vos vêtements ! Vous devez utiliser votre dragon pour nous sauver ! »
‘Mais je ne sais même pas comment…’
« Je… »
« FAITES VITE ! C’EST VOTRE MISSION DE PROTÉGER CETTE ÎLE ! »
« Depuis quand les chevaliers dragons osent s’adresser ainsi à des princes ? » demanda froidement une voix que je reconnaîtrais entre mille.
‘Grand frère,’ pensai-je en me tournant en direction de l’orateur.
J’ai observé mon frère sauter de sa selle et atterrir gracieusement sur mon balcon.
Avant que l’un d’entre nous ne puisse dire quoi que ce soit, il décrocha un petit poignard de sa manche et le lança à une vitesse fulgurante sur Ser Rupert.
« Blurgh, » fit Ser Rupert.
Je me suis tourné rapidement dans sa direction juste à temps pour le voir porter une main à sa gorge, transpercée par le poignard de mon frère, avant de s’écrouler à genoux tout en s’étouffant dans son propre sang.
J’ai senti une main sur mon épaule qui m’a saisi. Je me suis retourné une nouvelle fois pour apercevoir mon frère qui me regardait sans aucune émotion.
Il sentit ma tension, car il sourit puis dit : « Tu as peur. »
Ce n’était pas une question, c’était une affirmation, légèrement moqueuse.
Il s’écarta, tendit une main pour m’inviter à monter sur sa selle. Il n’a pas eu besoin de dire quoi que ce soit, car j’étais terrifié.
J’avais peur qu’il décide de me tuer moi aussi pour se venger de notre père, alors j’ai fait ce que l’on m’avait appris toute ma vie… J’ai obéi sans broncher.
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-Quelques heures plus tard-
-POV Saabhos Saan-
« C’est un monstre, » dit Ferdinio en observant les ruines fumantes du château de Bloodstone.
‘Premier château en pierre depuis que ces maudites îles existent,’ pensai-je, appréciant de voir le temps qu’il avait fallu au Prince pour détruire l’œuvre de la vie de son père.
‘Des années pour construire un château qu’il a réduit en cendres en même pas une journée, avec ses avant-postes sur chaque île en prime,’ me dis-je, encore impressionné par la facilité avec laquelle il avait détruit les avant-postes.
« Un monstre, as-tu dit ? Je n’en suis pas sûr, » dis-je avant d’ajouter : « Ce dont je suis sûr, en revanche, c’est qu’il contrôle un énorme monstre. Le monstre qui a pu réduire en cendres dix ans de la vie du Prince Daemon Targaryen. »
« Et qui fera de vous le roi du Détroit, » dit Ferdinio d’un ton légèrement sarcastique.
‘C’est vrai qu’il y a ça aussi,’ pensai-je en me souvenant de ma nouvelle nomination.
‘J’étais clairement une marionnette, un pion sacrifiable destiné à appâter les ennemis du Prince, mais je savais que je n’avais pas d’autre choix que d’accepter.’
Il n’avait pas besoin de nous. Il pouvait tout faire tout seul.
La seule raison pour laquelle il a accepté, c’était pour nous forcer à attaquer le Prince Daemon afin que nous ne puissions pas revenir en arrière.
‘Alors, puisque je n’avais pas le choix, autant tirer tout ce que je peux de cette nouvelle alliance,’ pensai-je en souriant légèrement tout en observant la nouvelle flotte du Prince Daemon, encore intacte dans le port.
‘Ma nouvelle flotte,’ pensai-je, en observant avec un petit sourire les nouveaux navires de guerre volantains.
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-POV Aemon Targaryen-
J’ai observé Baelon trembler légèrement dans mes bras tandis que je contrôlais les mouvements d’Urrax.
‘Je l’ai sûrement terrorisé en apparaissant de cette manière,’ pensai-je en regardant le petit garçon qui allait bientôt avoir dix ans.
« N’aie pas peur, je ne te veux aucun mal, » dis-je en essayant de le rassurer, ce qui ne fonctionna pas du tout.
Lorsqu’il me répondit, je sentis le tremblement réprimé dans sa voix.
« Où all... allons-nous ? » me demanda-t-il.
« Voir ta mère, » dis-je sans mentir, car je me dirigeais vers Lys.
‘Je dois récupérer Willem, puis retourner dans le Val,’ pensai-je en pressant mentalement Urrax d’accélérer.
« Tu connais ma mère ? » me demanda Baelon, visiblement surpris.
« Hmm, » fis-je tranquillement en hochant la tête.
« Qui est-ce ? » me demanda-t-il, curieux.
« Tu verras, » dis-je en fermant le débat, car je n’avais pas encore discuté de cette partie avec Johanna, et je doutais qu’elle le prenne bien.