SakeTami
Ghostrider0002
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-Chapitre 90-

-Chapitre 90-

-20e jour de la 2e lune de l’an 301 AC-

-POV Cersei Lannister-

J’ai observé les officiers de la puissante armée de la couronne fraîchement assemblée.

‘Avec autant d’hommes, les seigneurs de la couronne seront forcés de nous rejoindre. Nous pourrons peut-être compter 10 000, voire 20 000 soldats supplémentaires dans notre armée d’ici une à deux semaines de plus’, pensai-je.

Le sourire aux lèvres, voyant la fin de cette guerre à portée de main, assise du haut de mon trône surplombant toutes les personnes, à part le trône de fer à ma gauche, j’ai dit à mon bras droit, sans qui tout ceci aurait été beaucoup plus compliqué :

« Je te félicite, Qyburn. »

Ce dernier s’inclina profondément et dit :

« Je n’ai fait qu’obéir à vos instructions. »

J’ai souri face à cette fausse modestie qu’il arborait en permanence comme une sorte d’armure, puis j’ai ajouté :

« Tu sais que tu as fait beaucoup plus que cela, et je t’en remercie. »

« Je suis à vos ordres », dit-il.

« Que fait mon fils ? » demandai-je, surprise par son absence, car il était généralement ponctuel.

‘Une qualité qu’il a été forcé d’apprendre avec…’

Je me suis forcée à évacuer toute pensée distrayante afin de me concentrer sur le moment présent.

« J’ai envoyé plusieurs serviteurs, mais chacun est revenu en disant que le roi se prépare et arrive », dit Qyburn, visiblement ignorant lui aussi où se trouvait mon fils.

« Hmm », dis-je, impatiente que Tommen puisse faire son discours et qu’ils se mettent en route pour Storm’s End.

‘Une fois que nous aurons pris Storm’s End et Griffin’s Roost, nous serons en position de force et pourrons faire en sorte de coincer Ronnet.’

Les portes se sont ouvertes et un héraut a annoncé d’une voix forte et solennelle :

« LE ROI TOMMEN BARATHEON, PREMIER DE SON NOM, ROI DES ANDALS, DES RHOYNARS ET DES PREMIERS HOMMES ! »

‘Non’, pensai-je horrifiée en voyant Tommen apparaître dans une armure entièrement équipée pour le combat.

Je me suis levée, furieuse, et avant que je ne puisse dire quoi que ce soit, Tommen prit la parole et dit devant tous :

« Je vous remercie tous pour avoir accepté de vous joindre à la couronne en ces temps troublés. J’ai pu entendre certaines rumeurs venant principalement des agents du traître Ronnet Connington. »

« Tomm… »

« N’interrompez pas le roi, reine régente », dit Ser Balon, m’ordonnant tacitement de me taire.

J’ai écarquillé les yeux, et alors que j’étais sur le point de répondre de manière cinglante, Tommen ajouta :

« Pour vous prouver mon engagement dans cette guerre, je prendrai la tête de nos hommes au combat, et nous vaincrons, car nous possédons plus de deux fois plus d’hommes que la Maison Connington. »

« Tommen », dit un homme portant une hache, avant de se cogner la poitrine avec son poing.

‘Non’, pensai-je, voyant rapidement d’autres suivre son exemple.

« Tommen… »

‘Arrêtez’, hurlai-je intérieurement, tout en me levant, sous le choc de ce qui était en train de se produire sous mes yeux après tout ce que j’avais fait pour que cela ne se produise jamais.

« TOMMEN… TOMMEN… TOMMEN ! »

« N… »

« Votre majesté », dit Qyburn en posant une main sur mon épaule, m’interrompant avant que je ne force tout le monde à se taire.

« Lâchez-moi », dis-je, furieuse, mon cri étouffé par celui de la foule de mercenaires qui hurlait le nom de mon fils à tue-tête.

« Le roi a parlé », dit Qyburn.

« Ce n’est qu’un enfant », dis-je, désespérée.

« Il possède le sang de votre ancien mari. Il réussira à s’en sortir », répondit-il avant d’ajouter rapidement :

« Si nous ajoutons sa force à celle d’une petite unité de soldats améliorés grâce aux maigres réserves que j’ai faites avec les dernières gouttes de sang cachées, nous ferons en sorte qu’une dizaine de soldats agisse comme garde personnelle et puisse renverser la vapeur sur le champ de bataille. Cette foule d’hommes sans importance pourrait alors, sous la lumière et la bravoure de son roi, nous aider à gagner cette guerre. »

« C’est mon dernier lion », dis-je, avant d’être brutalement interrompue par Qyburn qui termina :

« C’est le roi. Il ne peut plus revenir sur les mots qu’il a prononcés. Désormais, la seule chose qu’il puisse faire, c’est d’avancer et de se battre. »

‘Il a raison. Il vient d’augmenter le moral des officiers. S’il revient sur ses paroles maintenant, il deviendra la risée de tous et perdra la dernière trace d’autorité qu’il a sur son peuple’, pensai-je.

Je me suis mordu la joue, puis j’ai dit :

« Trouve des soldats prêts à mourir pour lui. »

Qyburn hocha la tête, puis s’inclina avant de s’éclipser tandis que j’écoutais les officiers continuer d’acclamer mon fils.

‘Mon doux Tommen’, pensai-je, en me retenant de lui hurler dessus pour m’avoir mise devant le fait accompli et pour ne pas m’avoir parlé de cette folie.

---

-POV Tommen Baratheon-

Une fois que j’eus renvoyé tous les officiers afin qu’ils préparent nos troupes pour un départ immédiat, je me suis retrouvé seul dans la salle du trône face à ma mère, qui, comme je le pensais, était furieuse.

‘Je n’avais pas le choix. Moi seul, leur roi, ai une chance de faire en sorte que ces 60 000 hommes se battent comme des démons pour nous offrir la victoire. Sans cela, les défenseurs que Ronnet laissera seront amplement suffisants pour défaire cette foule d’hommes’, pensai-je, conscient que, même si 60 000 était un nombre impressionnant, une cavalerie dix fois moins importante pourrait facilement les vaincre en terrain ouvert.

« Qu’est-ce qu’il t’est passé par la tête ?!!! » hurla ma mère une fois les portes refermées derrière moi.

« Mère… »

« Qu’est-ce qui a bien pu te traverser l’esprit pour que tu oses mettre ta vie en danger après tout ce que j’ai fait pour que tu n’aies jamais à voir un champ de bataille de toute ta vie ? » dit-elle, furieuse, m’interrompant avant que je ne puisse dire quoi que ce soit.

‘Elle ne m’écoute pas.’

« Je… »

« Nous sommes en train de perdre, mère ! » dis-je en essayant de prendre un ton sévère, le même que j’avais utilisé hier avec mes gardes et qui les avait poussés à m’obéir.

‘Le même que prenait Ronnet lorsque nous faisions des bêtises’, me rappelai-je un instant.

Cela eut l’effet escompté, car elle se tut.

Alors, j’ajoutai :

« Tu le sais, je le sais, tout le monde le sait. »

« Nous avons un plan… » dit-elle, essayant de trouver des excuses pour me convaincre de ne pas m’engager personnellement dans cette guerre.

‘Mais je suis déjà engagé depuis que tu as décidé de faire de moi le roi à tout prix, alors que je ne voulais même pas de cette couronne. Tu m’as engagé dans cette guerre’, me dis-je.

Je ne lui en voulais pas, mais c’était hypocrite de croire que, même si nous perdions, Ronnet nous épargnerait simplement parce que Rodrik et Joanna sont mes frères et sœurs.

‘La preuve étant qu’il a vendu Myrcella aux Dorniens. Alors, que me fera-t-il à moi ?’ pensai-je.

« Quel que soit le plan que vous avez imaginé, mère, nous savons parfaitement que la seule façon de gagner contre Ronnet est de le battre avec un nombre écrasant de soldats », dis-je avant d’ajouter immédiatement :

« En ce moment, nous n’avons plus les chiffres aussi impressionnants qu’il y a quelques lunes. Notre dernière chance est de le coincer après avoir pris sa famille en otage. »

« Tu ne te rends pas compte de ce que tu fais », dit ma mère d’un ton vaincu.

« Je sais très bien ce que je fais », dis-je en hochant la tête.

« Contrairement à Joffrey, j’ai écouté toutes les leçons de notre instructeur, et je compte bien montrer à ce dernier tous les enseignements que j’ai tirés de son apprentissage », dis-je, confiant, car je n’aurais même pas à le confronter pour gagner, simplement à prendre les Stormlands avant qu’ils ne puissent réagir.

Ma mère secoua la tête, puis dit :

« Je sais que je ne peux plus rien faire pour te convaincre du contraire, mais tu dois me promettre de ne pas te mettre inutilement en danger. Est-ce que je suis claire ? »

« Oui, mère », dis-je, convaincu que tout irait bien, mais surtout soulagé d’avoir réussi à la convaincre.

« Très bien, je prierai pour ton retour », dit-elle en prenant mes joues entre ses mains et en plongeant son regard inquiet dans le mien, sa colère enfin apaisée.

« Merci, mère », dis-je, heureux qu’elle me donne sa bénédiction avant mon départ.

« Je vais y arriver », dis-je d’un ton démontrant toute la confiance que j’avais en moi.

‘Je vais enfin prouver ma valeur’, pensai-je en me retournant et en quittant la salle du trône.

---

-POV Aurane Velaryon-

« Alors ? » ai-je demandé au capitaine du navire éclaireur que j’avais envoyé pour observer de loin les Redwyne.

« Les nouvelles sont confirmées. La flotte Redwyne a quitté les Stepstones et elle n’a pas envoyé de message pour avertir la flotte Greyjoy », dit le capitaine.

J’ai hoché la tête, puis j’ai dit à ce cousin éloigné qui ne portait même plus notre nom :

« Tu peux te retirer, Vaeron. »

Vaeron s’inclina et se retira. Je n’ai même pas eu le temps de détourner le regard qu’Asha Greyjoy dit d’un ton agressif et impatient :

« Donc nous pouvons commencer à contrer les avancées d’Euron. »

« Non, ce n’est pas encore le moment », dis-je d’un ton inébranlable, car ce serait la pire chose à faire.

‘Nous avons l’avantage alors qu’il est seul sur Grey Gallows’, pensai-je.

« Que veux-tu de plus ? » m’a-t-elle demandé, agacée.

« Pas la même chose que toi, visiblement », dis-je, car elle voulait se venger tandis que moi, je voulais simplement finir cette guerre du côté des vainqueurs.

« Je veux sa mort », dit-elle.

‘Justement’, me dis-je, car elle venait de dire à voix haute ce que je venais de penser.

« Ce n’est pas la même chose », dis-je, répondant du tac au tac.

« Alors dis-moi ce que tu aurais fait à ma place, petit génie », dit Asha d’un ton bourré de dédain.

« Rien du tout », dis-je.

« Rien du tout », répéta-t-elle d’un ton moqueur en regardant Bronn, qui resta silencieux.

« Nous envoyons des hommes et des navires patrouiller sur la zone Redwyne, mais nous ne provoquerons pas Euron Greyjoy pour l’instant », dis-je, bien décidé à gagner sans subir de pertes inutiles.

« À quoi cela nous servira-t-il ? » demanda-t-elle de mauvaise foi, car elle savait parfaitement à quoi cela servirait.

‘Mais ce n’est pas ce qu’elle désire. Elle veut le voir rompre, le voir à genoux à ses pieds avant de l’achever’, pensai-je, ressentant parfaitement toute la haine qu’elle renfermait en elle.

« Il partira de lui-même », dis-je.

« C’est ce que pense Ronnet ? » m’a-t-elle demandé d’un ton légèrement moqueur.

J’ai secoué la tête, amusé, puis j’ai dit :

« Non, c’est ce que moi je pense. Il n’a plus de provisions et ne peut plus s’en procurer, car tout l’or qu’il a volé est sur Pyke et tous ceux qui pouvaient lui en fournir sont dans l’incapacité de le faire pour l’instant. »

Bronn ajouta :

« La flotte qu’il a amenée avec lui n’est pas assez grande pour nous avaler, encore moins depuis l’arrivée d’Aurane. »

J’ai hoché la tête, car il avait raison.

Sans l’aide de la flotte Redwyne, nous avions désormais un avantage numérique.

« Sauf qu’il ne le sait pas. Il attaquera, et nous perdrons plus que ce que nous aurions pu perdre si nous avions pris l’offensive au bon moment », dit Asha, soulignant un bon point.

‘Elle a raison, mais ce n’est pas un problème’, pensai-je.

« S’il ne le sait pas, alors nous allons le lui faire savoir », dis-je avec un petit sourire narquois.

« À quoi tu penses ? » me demanda Bronn.

« Rien de particulier. Nous allons simplement hisser nos voiles et nos couleurs avant qu’il puisse voir le nombre auquel il est confronté », dis-je calmement.

Asha fronça les sourcils, agacée de devoir remettre sa vengeance à plus tard, mais finit par hocher la tête.

Je lui rendis la pareille avant de me lever et de quitter la pièce sous son regard froid.


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