-Chapitre 127-
Added 2025-01-05 05:00:40 +0000 UTC-Chapitre 127-
-1er jour de la 11e lune de l’an 301 AC-
-POV Laena Targaryen-
« Dit papa Viserys », dit Aemon assis par terre, jouant avec Viserys.
« Maman », cria joyeusement Viserys avant d’applaudir en riant très fort.
Aemon roula des yeux et dit, en essayant sans succès de cacher sa frustration à cause de son énième échec :
« Bravo, c’est très bien, mon fils. J’ai compris que tu savais dire maman, mais maintenant, dis Pa-Pa. »
Viserys se désintéressa des pitreries de son père pour jouer avec les jouets en bois qu’Aemon avait faits lui-même, mais ce dernier lui retira ses jouets et dit :
« Arrête de jouer avec ça et écoute-moi. »
Viserys fronça les sourcils et gonfla ses petites joues, ses yeux ne se détournant jamais des jouets en bois, mais il ne pleura pas.
‘Il ne pleure jamais avec Aemon, car il sait que cela ne servira à rien’, pensai-je, trouvant légèrement insensible la façon dont Aemon avait cessé de se soucier des pleurs de son fils lorsqu’il faisait des caprices.
J’ai remarqué très rapidement que notre fils était très intelligent, car il adoptait des comportements différents avec son père et moi.
‘En revanche, avec moi, il ne se gêne pas pour pleurer toutes les larmes de son corps s’il le faut, pour la plus petite chose’, pensai-je, observant la mignonne petite tête de mon fils.
‘Qu’est-ce qu’il est beau’, pensai-je, me retenant de me lever pour jouer avec ses petites joues.
Après en avoir discuté avec la mère d’Aemon, elle m’a confié que durant les premières lunes d’Aemon, elle remarquait aussi qu’il avait des comportements étranges, mais que ce n’était que l’expression de son intelligence précoce qui se manifestait et que, d’ici quelques années, je le remarquerai également.
« Dit papa. »
‘Même si je suis certaine qu’elle a raison pour Viserys, pas sûr qu’elle ait eu raison pour celui-là, en revanche’, pensai-je, en observant Aemon puiser toutes ses forces pour inciter son fils à dire ce petit mot.
« Papa », dis-je afin d’aider Aemon, qui avait l’air d’être au bord de la folie.
« Ppppp… », dit Viserys en essayant de suivre mon exemple, encouragé par Aemon, qui n’arrêtait pas de hocher la tête.
J’ai haussé un sourcil, me demandant si le moment était finalement venu pour Aemon.
‘Il était temps, après deux lunes d’efforts’, pensai-je, heureuse pour lui, mais surtout pour moi, car il allait enfin passer à autre chose.
« Maman », hurla soudainement Viserys, me surprenant et me faisant rire.
Aemon tomba à la renverse et poussa un long soupir tout en disant :
« Ohhhh… c’est bon, j’abandonne. »
Viserys, repérant que ses jouets avaient quitté la paume de son père, se précipita pour les reprendre et continua à jouer dans son coin.
Aemon secoua la tête en observant les pitreries de son fils et se rua sur lui pour le chatouiller, ce qui fit éclater de rire Viserys, qui essaya de ramper loin de son père.
« Ils ont l’air de bien s’amuser », dit une voix qui me prit par surprise.
Je me suis retournée et allais me lever, car j’avais reconnu la voix de ma belle-mère, mais cette dernière posa une main sur la mienne et dit :
« Tu ne devrais pas te lever dans ton état. »
J’ai baissé la tête sans rien dire lorsqu’elle a abordé le sujet de mon ‘état’, car ce n’était vraiment pas le bon moment pour une autre grossesse.
‘Je n’aurais pas autant voulu un autre fils lorsque j’ai appris pour celui de Jeyne’, pensai-je, en posant une main sur mon ventre, beaucoup plus gros que celui de Jeyne alors qu’elle était tombée enceinte avant moi.
‘Pour elle, c’était une bonne chose, car elle n’avait rien d’autre à faire, mais pour moi, cela nous met en position de faiblesse’, pensai-je, car j’avais des responsabilités.
« Heureusement que tout ceci prendra bientôt fin », dit-elle.
‘Je n’en suis pas certaine’, pensai-je, car je partageais le quotidien d’Aemon et je savais à quel point la rancune qui l’habitait était tenace.
‘Surtout celle qu’il a envers Daemon. Même s’il ne le considère pas comme son père, cela l’a sûrement blessé de savoir qu’il était prêt à se battre contre lui.’
« Heureusement surtout que personne n’ait eu vent de mon état », dis-je, plutôt contente que personne n’ait appris que j’étais de nouveau enceinte.
‘S’ils l’avaient su, ils en auraient sans aucun doute profité, et je refuse de croire que Daemon ou Aemon se seraient retenus pour quelque chose d’aussi trivial à leurs yeux que les liens du sang qui les unissent’, pensai-je.
« En cas de bataille, Aemon n’aurait jamais supporté de t’envoyer en première ligne. Il ne supporterait pas de te perdre », dit Rhea, comprenant la raison de mon soulagement.
Ses paroles me firent chaud au cœur et me firent sourire, car elle connaissait aussi bien mon mari que moi.
‘Elle le connaît même mieux que moi. C’est sa mère après tout, et ils étaient… ils sont très proches’, me dis-je, me corrigeant au passage, car depuis qu’Aemon avait tiré un trait, pour une raison qui m’était inconnue, sur l’existence de Willem, ils avaient retrouvé une complicité qui, selon les dires de Gunthor, était encore plus forte qu’avant.
‘Ce qui ne fait pas les affaires de Jeyne. Rhea la déteste’, pensai-je, légèrement heureuse, car je ne l’aimais pas non plus.
‘Je savais pertinemment qu’elle n’était intéressée que par le pouvoir d’Aemon. Elle ne l’aime pas’, pensai-je.
« Hmmm », fis-je.
« De quoi êtes-vous en train de parler ? », dit Aemon, en revenant vers nous avec Viserys sur ses épaules.
‘On dirait qu’il a déjà plus d’un an alors qu’il n’a même pas fêté son premier jour de nom’, pensai-je, observant mon gigantesque petit garçon.
« Nous étions en train de parler de toi justement ainsi que de ta récente lubie », dis-je, en souriant.
« Ce n’est pas une lubie », dit Aemon d’un ton maussade.
J’ai souri, car depuis quelques lunes, contrairement à mes craintes, je retrouvais de plus en plus ce qui m’avait séduite chez lui.
« Appelle ça comme tu veux, le fait que tu sois obsédé par le fait que notre fils t’appelle Pa-Pa », dis-je, avant de rire avec Rhea, qui sourit doucement, ne voulant pas se moquer de son fils.
« Vous ne pouvez pas comprendre de toute façon », dit Aemon, ne voulant pas débattre de ses lubies avec nous, car cela n’avait aucun sens.
‘Mais c’est mignon’, pensai-je, trouvant cette partie de lui attachante.
‘J’ai simplement peur que ce soit le calme avant la tempête’, pensai-je.
« J’ai besoin de te parler un peu, Aemon », dit Rhea.
« Très bien », répondit Aemon, attendant que sa mère parle, mais j’avais très bien compris que j’étais de trop pour cette conversation.
‘Cela a sûrement un rapport avec le soudain rapprochement entre eux’, pensai-je, ne croyant pas aux rumeurs concernant le départ inattendu de Willem.
‘Aemon a déjà eu plusieurs fois l’occasion de le bannir, et il ne l’a jamais fait’, me dis-je intérieurement en me levant.
Rhea resta silencieuse, mais avant qu’elle puisse parler, je pris Viserys dans mes bras et dis :
« Allons jouer, ton papa et ta mamie ont besoin de discuter. »
Viserys referma ses bras autour de mon cou avant de répéter, en regardant sa grand-mère :
« Granny. »
« Ça, tu sais dire, hein », grogna Aemon en fusillant du regard son fils, qui cacha immédiatement sa tête dans mon cou.
J’ai souri et dit en m’éloignant : « Laisse-le tranquille. »
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-POV Aemon Targaryen-
« Tu as reçu une lettre ? », demandai-je à ma mère.
Elle hocha la tête, me soulageant d’un poids, car j’avais absolument besoin que le plan que nous avions formulé ensemble rencontre un succès total pour briser l’esprit de Viserys.
« Tu l’as détruite ? », demandai-je, car personne ne devait avoir connaissance de son contenu.
‘Cela pourrait nous coûter la réussite de notre projet’, pensai-je, légèrement inquiet.
« Hmm », fit-elle, me rassurant instantanément.
« C’était une excellente idée, le bannissement. Personne ne le recherchera ni n’investira sérieusement dans sa traque », dis-je à ma mère, car c’était elle qui en avait eu l’idée.
En agissant comme je l’avais fait, je m’étais exposé aux épées de nos ennemis.
Trop d’épées.
Viserys avait réussi à me surprendre en arrivant à maîtriser Vermithor.
‘Je dois bien l’admettre, je ne l’avais pas vu venir’, pensai-je intérieurement.
‘Tout comme la seconde trahison de Larys’, me dis-je, ayant confirmé que Larys était un traître agissant désormais de concert avec les Verts tout en protégeant ses arrières avec son frère et sa…
‘Rhaenyra n’est même pas sa belle-sœur’, pensai-je, me souvenant qu’Alysanne Targaryen était une bâtarde.
‘C’est cela qui m’a vraiment conduit dans une impasse. Si j’avais été informé correctement de tous les mouvements de Viserys, j’aurais pu prévoir le reste et m’adapter… Non, même si je l’avais su, cela m’aurait conduit dans une situation similaire.’
« Ce n’était pas une idée », dit ma mère, interrompant le fil de mes pensées.
Je fronçai les sourcils, confus, puis elle ajouta pour m’expliquer :
« J’avais réellement prévu de lui demander de partir. »
« Donc, si nous n’avions pas eu cette discussion ce jour-là, il serait loin et serait resté à l’écart des nôtres pour toujours ? », lui demandai-je, ce à quoi elle hocha la tête.
« Regrettes-tu d’avoir fait appel à lui ? », me demanda-t-elle, car c’était un vœu que j’avais voulu réaliser depuis très longtemps.
Je fronçai les sourcils quelques instants avant de finalement secouer la tête :
« S’il parvient à mener à bien la mission que je lui ai confiée, il aura largement mérité sa place dans… »
‘Notre famille’, terminai-je silencieusement, ne prêtant plus attention aux commérages ni à la réputation que je pourrais avoir.
‘Malgré les “amitiés” qui se sont formées avec le temps, ceux qui ne me tourneront pas le dos habitent dans ce château’, me dis-je.
‘C’est une des nombreuses leçons à tirer de toute cette merde’, pensai-je, repensant aux erreurs qui avaient mené à cette situation.
‘Heureusement que j’avais Aegon’, pensai-je.
« Dans… ? », dit ma mère, échouant à réprimer un sourire amusé.
« Ne remue pas le couteau dans la plaie, tu as très bien saisi », dis-je, car elle avait compris ce que je voulais dire, mais s’amusait simplement à mes dépens.
Ma mère éclata de rire, un rire qui me toucha profondément, car il était sincère.
‘Un rire que je n’avais pas entendu depuis bien trop longtemps’, pensai-je, tandis qu’elle glissait son bras dans le creux du mien.
Lorsqu’elle cessa de rire, elle dit :
« Sois prêt pour son retour, car il a mené à bien sa mission. »
« Pour quand est prévue l’attaque ? », demandai-je, légèrement impatient d’en arriver là.
« L’attaque est prévue pour le 1er de la nouvelle année. Les navires partiront une journée à l’avance pour infiltrer les eaux et prendre les bastions susceptibles de poser problème sur les autres îles. Daemon n’a pas fait les choses à moitié, paraît-il », dit-elle en fronçant légèrement les sourcils, inquiète pour moi.
‘Bien sûr, puisque c’est moi qui lui ai conseillé de construire un fort sur chaque île avec des scorpions, mais c’est aussi moi qui lui ai présenté les architectes Bravosiens’, pensai-je en réprimant difficilement un petit sourire.
« C’est parfait. Je veillerai à ce qu’ils ne rencontrent aucune opposition », dis-je, confiant en mon plan.
Ma mère se tourna vers moi, hésita quelques secondes, puis demanda doucement :
« Tu es sûr que c’est ce que tu veux ? »
« Tu as de la peine pour Daemon », dis-je d’un ton taquin, ce qui la fit rouler des yeux.
Ma mère rit, légèrement moqueuse, avant de répondre :
« Je n’ai rien d’autre qu’une profonde indifférence pour ton père. Mais comme je te l’ai déjà dit à plusieurs reprises, Daemon reste ton père, et tu vas non seulement le priver de son royaume, mais de tout le reste également. »
« Quoi de plus que son arrogance ? », dis-je sans vraiment poser la question, car je savais ce que j’allais faire, et qu’il ne me le pardonnerait jamais.
« Sa nouvelle flotte, sa fierté, sa réputation, son accord avec Volantis, ainsi que… son fils », énuméra ma mère.
‘Il aurait dû réfléchir à cela avant de tenter pathétiquement d’imposer son autorité sur moi’, pensai-je.
« J’ai bien fait de garder des espions chez lui toutes ces années, mère », dis-je, les bras croisés dans le dos.
« Pourquoi ? », me demanda-t-elle.
« Ils m’ont confirmé une chose que je savais déjà sur mon… père. »
« Quelle est cette chose ? », me demanda-t-elle, curieuse.
« Il n’a jamais eu besoin de quelqu’un d’autre que lui-même pour se priver de ses fils. »