SakeTami
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-Chapitre 121-

-Chapitre 121-

-POV Aemon Targaryen-

Quand j’atterris à l’extérieur des portes du château de Winterfell, symbole du pouvoir, de la grandeur, mais surtout de la longue et riche histoire de la maison Stark, je poussai un léger soupir.

Contrairement aux autres visites que j’avais pu rendre à Rickon Stark, celle-ci ne serait pas amicale.

‘J’aime le sentiment que procure cet endroit, c’est tellement paisible et sauvage à la fois,’ pensai-je avant d’ajouter mentalement : ‘Mais je ne pourrais pas vivre dans un endroit aussi froid.’

J’attrapai la paire de gants accrochée à l’arrière de ma selle et les enfilai.

La température, déjà froide dans le Nord, chutait davantage depuis le début de cette année, et ce, un peu partout dans le royaume.

‘L’hiver vient,’ pensai-je en souriant légèrement à ma propre blague, reprenant les mots de la maison Stark.

Je commençai alors à me détacher de ma selle et des chaînes.

Une fois libéré, ce fut au tour de Cregan.

Tandis que je m’attelais à la tâche, j’observai les grandes portes de Winterfell s’ouvrir lentement.

Après quelques instants, je remarquai un petit attroupement de personnes attendant aux portes de la magnifique forteresse millénaire.

Quand j’eus terminé de détacher Cregan, je descendis de ma selle et trouvai Aegon, déjà très excité à l’idée de voir Winterfell pour la première fois, après tout ce que Cregan et moi lui avions raconté sur cet endroit.

Je passai une main dans ses cheveux avant de prendre la tête de notre petit groupe pour aller à la rencontre de celui mené par Rickon et Bennard Stark.

Avant que je ne puisse dire quoi que ce soit, tout le monde s’inclina devant nous, même si certains semblaient plus réticents que d’autres.

‘Normal, étant donné que seulement deux maisons bénéficient réellement de mon aide et de mon influence,’ pensai-je, prêt à entamer la deuxième phase de mon plan pour renforcer la main de fer avec laquelle je tenais le Nord par les couilles.

‘Que la maison Stark soit d’accord ou non,’ ajoutai-je en observant les visages tendus des frères Stark.

‘Je suis tout de même devenu le premier importateur de vivres pour tout le Nord. Sans moi, ils reviendraient à cette époque où ils mouraient de faim et de froid,’ pensai-je, car je leur vendais également, à prix dérisoire, du charbon en grande quantité.

« Seigneur Rickon, » dis-je en hochant la tête et en faisant signe à tout le monde de se redresser.

« Prince Aemon, c’est comme toujours un honneur pour la maison Stark d’accueillir un prince de la maison Targaryen, » répondit-il d’un ton très respectueux.

‘Trop respectueux, comme s’il voulait marquer une frontière entre nous,’ notai-je, bien que cela ne me surprenne pas. Je connaissais la raison de cette soudaine aliénation.

« Vous remarquerez que cette fois, l’honneur est doublé, » dis-je en plaisantant légèrement.

Rickon esquissa ce qui semblait être un petit sourire, puis s’inclina plus profondément devant Aegon en disant : « Votre Altesse. »

Aegon hocha la tête, arborant une expression neutre.

‘Il grandit rapidement,’ pensai-je en l’observant tenter d’imiter mes actions.

Rickon Stark nous fit signe de le suivre, ce que nous fîmes en traversant la foule de seigneurs.

Je dis alors à mon hôte :

« Comme chaque année, je vous ramène votre fils sain et sauf. Je ne dirais pas en un seul morceau, car Ser Harrold s’est acharné sur eux pour qu’ils intègrent l’importance de ne jamais… »

« …jamais laisser son adversaire connaître votre prochain mouvement, » terminèrent en chœur les deux jeunes Stark, un sourire aux lèvres.

Je souris en les entendant. Nous avions passé énormément de temps ensemble.

‘Peut-être même trop,’ pensai-je, car je m’attachais beaucoup trop rapidement à eux. Je ne réfléchissais plus à ce qu’ils seraient dans le futur, mais à ce qu’ils étaient aujourd’hui.

‘Ce ne sont que des enfants, et à force de les traiter comme des petits frères, je me suis pris à mon propre piège,’ notai-je en silence.

Je les avais pleinement intégrés à notre petite vie de famille, au point qu’ils partageaient même une certaine fascination pour Viserys.

‘Les deux ont même parié sur le moment où il commencerait à marcher,’ pensai-je, me souvenant de la dispute qui avait failli éclater lorsqu’il avait essayé de se lever dans son berceau.

‘Mais cela ne change rien pour autant,’ pensai-je, car personne ne devait se mettre en travers de mon chemin, qui qu’il soit ou quel que soit notre lien.

Dans ce genre de jeu, l’affect n’a pas sa place.

« Au moins, les méthodes de votre capitaine semblent porter leurs fruits, » dit Bennard Stark.

« Ce n’est pas mon capitaine, » répondis-je automatiquement, légèrement distrait par mes pensées.

Bennard bafouilla en tentant de s’excuser, sentant mon ton changer : « Je suis désolé. J’avais cru comprendre qu’il l’était du temps de votre grand-père, alors j’ai présumé… »

« Ce n’est rien, vous avez en partie raison, » dis-je en levant une main pour le calmer.

« Ser Harrold était le capitaine de la garde personnelle de mon grand-père. Il l’a été durant une grande partie de mes premières années à la tête de la maison Royce. Mais il était sur le déclin, et je pense que cette position doit être occupée par quelqu’un en parfaite condition, » expliquai-je simplement.

Ma sincérité sembla surprendre les deux frères Stark.

Bien que nous soyons alliés et que nous partagions de nombreux intérêts communs, nous n’étions pas assez proches pour échanger de telles confidences.

‘Il faudra bien s’en rapprocher si je compte ramener une fille du Nord pour Viserys une fois qu’il sera en âge de se fiancer,’ pensai-je. L’idée d’avoir des petits-enfants héritant des caractéristiques nordiennes me traversait de plus en plus souvent l’esprit.

‘Avec mes nouvelles capacités, je pourrais repérer ceux qui possèdent des lignées spéciales ou des talents uniques,’ réfléchis-je.

‘Que ce soit la taille des Umber, la capacité de change-peau, ou même le don de vervoyant. Ces attributs pourraient changer la donne dans un combat, une guerre, ou même un règne pour ma descendance.’

‘Mais ce n’est qu’une idée pour l’instant,’ pensai-je, car Viserys n’avait même pas un an. Il restait quinze ans avant de pouvoir décider de son mariage, et l’idée de le marier à Helaena, liée à Dreamfyre, ne m’avait pas totalement quitté.

« Vous l’avez renvoyé ? » demanda prudemment Bennard Stark.

Je souris, trouvant cette idée ridicule, avant de répondre :

« Non, bien sûr que non. J’ai décidé de lui octroyer un statut qui reflète toute la confiance que j’ai en lui, mais aussi l’importance qu’il a à mes yeux. »

« Maître d’armes, » devina Rickon Stark avec assurance.

« Hmm, » acquiesçai-je en hochant la tête.

Nous continuâmes à discuter de tout et de rien jusqu’à atteindre les portes de la Grande Salle.

Là, Aegon et moi fûmes invités à prendre du pain et du sel, respectant ainsi les droits sacrés des invités.

Nous nous installâmes ensuite à table.

« Je vous sens un peu tendu depuis mon arrivée. Avez-vous quelque chose à me dire ? » demandai-je en attrapant un morceau de saucisson.

‘Un de chez moi,’ pensai-je, reconnaissant le travail d’Hugh ou d’un de ses apprentis installé dans le Nord pour ouvrir une boucherie à notre compte.

‘L’expansion de mes commerces a été si rapide cette année que j’ai parfois du mal à tout suivre,’ réfléchis-je, satisfait de l’avancée de mon plan pour infiltrer les réseaux commerciaux du royaume.

« J’ai reçu votre lettre…, » commença Rickon Stark.

« Laquelle ? Je vous en ai envoyé plusieurs, » l’interrompis-je pour qu’il précise.

Rickon me fixa quelques instants avant de dire : « Nous sommes des alliés commerciaux. Je ne trahirai jamais Sa Grâce le roi Viserys. »

Je souris moqueusement, me rapprochant de lui pour répondre sur un ton faussement léger :

« Vous insinuez que je pourrais le faire ? »

« Je n’insinue rien du tout. Mais ce que vous avez fait sera considéré comme de la trahison par le roi, » répliqua-t-il, choisissant soigneusement ses mots, conscient que de nombreuses oreilles écoutaient, y compris celles de sa femme et de son beau-père.

‘Un vieil homme aigri, débordant d’ambition mais sans grande réalisation, si ce n’est d’avoir marié sa fille à l’héritier de Winterfell,’ pensai-je, pas le moins du monde impressionné par cet homme, bien qu’il soit plus grand que moi.

« Donc, vous dites que, puisque le roi considérera mon mariage comme une trahison — car c’est bien de cela que nous parlons —, vous vous défilerez ? » demandai-je, coupant court à toute excuse inutile.

« Je n’ai jamais promis de devenir un rebelle, » dit-il.

‘Comment ose-t-il dire cela sérieusement ? Il a toujours su que j’envisageais de faire nommer Aegon et que j’aurais besoin de son soutien contre la branche principale,’ pensai-je, admirant presque son culot.

‘Maintenant que son peuple est nourri et ses greniers pleins de charbon, il croit avoir le choix,’ réfléchis-je.

Je ris doucement mais froidement avant de dire : « Et si je décidais de prendre votre lâcheté pour de la trahison ? »

La main portant son verre de vin à ses lèvres s’arrêta net, et son regard changea radicalement.

« C’est une menace ? » demanda-t-il.

« Tout de suite les grands mots, » répondis-je en souriant, adoucissant mon expression. Puis, sur un ton bas que seuls lui et son frère pouvaient entendre, je murmurai : « Nous savons tous deux à quoi nous nous sommes engagés en scellant notre pacte. Aucun de nous ne l’a fait pour gagner de l’or. »

Rickon resta silencieux, tandis que Bennard nous observait, visiblement inquiet. Contrairement à son frère, il peinait à masquer sa peur, qui brillait dans ses yeux.

« Je suis fatigué, » dis-je en me levant, indiquant que cette conversation était terminée.

« Quelqu’un vous conduira à vos appartements, » dit rapidement Bennard, voyant son frère encore troublé par mes paroles.

‘Rickon pensait peut-être que j’avais trop d’ennemis pour le forcer à tenir parole,’ pensai-je.

‘Maintenant que j’ai montré les crocs, ce n’est pas le moment de paraître faible. Je dois resserrer les vis avec tous mes alliés,’ réfléchis-je.

Avant de quitter la Grande Salle, je me tournai vers les frères Stark et murmurai, sur un ton glacial que seuls eux pouvaient entendre, étouffé par le bruit des Nordiens trop occupés à boire et festoyer :

« Juste pour que vous soyez au courant, je ne fais jamais de menaces. Si un jour vous me trahissez, vous finirez comme Arnold. »

Leurs yeux s’écarquillèrent. Bien que tout le monde s’en doutât, je venais de confirmer ouvertement mes actions. La peur brillait encore plus intensément dans leurs regards.

‘Même s’ils me trahissent, j’ai bien trop de moyens pour contrôler le Nord : Cregan, les Karstark, les Bolton, la Garde de Nuit, et même les Sauvageons,’ pensai-je.

‘Essaie de jouer avec moi, Rickon, et voyons qui a le plus à perdre,’ conclus-je, pas le moins du monde inquiet de potentielles représailles.


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