SakeTami
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-Chapitre 213-

-Chapitre 213-

-POV Randyll Tarly-

« AAAAAAAAAAAH », hurla un soldat ennemi qui venait de réussir à prendre pied sur le mur, faisant tomber l’un des miens de l’autre côté.

J’esquivai habilement son attaque tout en plantant mon épée dans sa gorge.

L’homme s’arrêta net, surpris, son expression confuse figée.

Je lui donnai ensuite un coup de pied frontal pour dégager mon épée profondément incrustée et le renvoyer rejoindre mon soldat en contrebas.

Dans sa chute, il faucha les assaillants qui grimpaient sur les échelles, les déséquilibrant et les entraînant avec lui.

Je soupirai, partagé entre le soulagement d’avoir comblé cette brèche et la fatigue qui pesait sur mon corps.

Cette journée de combat continu commençait à laisser des traces.

'Mes bras me brûlent' pensai-je, mais je ne laissai rien transparaître. Je me devais de montrer l’exemple.

'Premier au combat' me rappelai-je en silence, en écho aux mots de ma maison.

« Père ! »

Je tournai la tête en entendant le cri de Samwell et reculai, laissant mes hommes tenir la position sur le mur.

Je localisai rapidement mon fils à une dizaine de mètres et me dirigeai vers lui, tout en indiquant à mes chevaliers de renforcer les zones sensibles susceptibles d’être submergées.

« Que fais-tu ici ? », demandai-je, perplexe, car nous avions convenu que la Légion ne prendrait le relais qu’à la tombée de la nuit.

'Ou si nous étions incapables de tenir nos positions' pensai-je.

« Nous avons établi une nouvelle stratégie », répondit Samwell, ce qui me fit froncer les sourcils.

Avant que je puisse objecter, il ajouta rapidement, n’ayant pas de temps à perdre :

« Il faut que tu fasses en sorte de perdre le Mur. »

« Je te demande pardon ? », dis-je, plissant les yeux face à cette demande absurde.

« Nous allons leur tendre des embuscades dans la ville », expliqua-t-il, désignant une carte tenue par l’un des légionnaires à ses côtés. Plusieurs zones y étaient marquées.

'Des quartiers résidentiels proches des portes' compris-je, reconnaissant que ce plan pouvait limiter les forces ennemies et les prendre au dépourvu.

« Votre mission sera de les attirer dans le piège », continua Samwell, son ton ferme ne me laissant guère le choix.

Je réprimai un élan de fierté.

Cette version de mon fils, résolue et déterminée, ressemblait enfin à l’héritier digne de notre maison.

'Un véritable homme, capable de porter Corvenin et d’assurer l’avenir de la maison Tarly' pensai-je en resserrant mon emprise sur l’épée légendaire.

« Cela signifie que je devrai attendre jusqu’à la dernière minute pour ordonner la retraite, afin qu’ils croient à une véritable défaite, n’est-ce pas ? », dis-je, conscient des lourdes pertes que cela entraînerait.

Samwell hésita une fraction de seconde avant d’hocher la tête.

'Écrase cette douceur que tu portes en toi et forge un cœur plus dur. Tu dois sacrifier autant d’hommes qu’il le faudra pour que notre maison prospère' pensai-je, l’observant quelques instants.

« C’est un plan extrêmement risqué. Nous perdrons beaucoup d’hommes », dis-je d’un ton neutre, dissimulant mes véritables pensées.

« Je le sais », répondit Samwell, son regard légèrement teinté de culpabilité, mais sa détermination restait intacte.

'Il apprendra avec le temps' pensai-je, satisfait malgré tout.

Je fis signe à Dickon, qui observait la scène, légèrement distrait.

« Pour l’Empire, je suis prêt à prendre le risque », dis-je à Samwell avant d’ordonner à Dickon :

« Va avec ton frère et fais tout ce qu’il te dit. »

Dickon fronça les sourcils, de plus en plus confus, mais je me retournai avant qu’il puisse protester.

'C’est à moi d’ouvrir la voie à Samwell' pensai-je en serrant fermement le pommeau de Corvenin.

'Pour la maison Tarly' ajoutai-je intérieurement, tout en transmettant mes ordres aux lieutenants pour qu’ils les relayent aux capitaines sur les remparts.

---

-Une heure plus tard-

-POV Vynassa Vhassar-

« Vous avez échoué », dit Qarro Volentin d’un ton renfrogné, ses yeux brillants de rage face aux pertes catastrophiques que nous avons essuyées aujourd’hui.

'Nous avons perdu plus d’hommes aujourd’hui que depuis le début de cette lune tout entière' pensai-je en détournant légèrement les yeux des corps entassés sous les murs, qui servaient presque d’échelles humaines.

« Ayez au moins le courage de reconnaître votre part de responsabilités, ainsi que celui de regarder ce que vous avez fait… C’est votre œuvre !!! » lança-t-il d’un ton fort, essayant sûrement de rallier les autres commandants de l’armée de cette coalition.

L’armée de l’Empire, que j’imaginais battre facilement, s’est révélée bien plus résistante et tenace que ce à quoi je m’attendais.

Les soldats adverses ont réussi à garder leur calme malgré les vagues incessantes de soldats que j’ai envoyés.

Même nos troupes d’élite n’ont pas réussi à ébrécher correctement leurs défenses.

Mais la véritable force de cette armée réside dans son commandement tactique de premier ordre.

Dès qu’une petite brèche est sur le point d’être créée, elle est aussitôt refermée par des combattants expérimentés ou des formations de fantassins protégeant des arbalétriers ou des lanciers, qui éliminent rapidement nos hommes avant de faire tomber les échelles ou de déverser de l’huile, du pétrole, ou même de la pisse bouillie sur eux.

'Toutes les tactiques étaient bonnes pour ne pas céder face à nous' pensai-je, reconnaissant leur forte ténacité, bien que cela m’ennuyât plus que cela ne m’impressionnait.

'J’avais besoin de cette victoire, mais j’ai échoué. Désormais, nous aurons affaire à des légions reposées et prêtes à tenir encore' 

'Dès demain, je perdrai toute influence et tout crédit dans cette guerre. La réputation de mon cousin en pâtira, et sa colère s’abattra sur moi' 

'Nous en avons eu des milliers d'entre eux, des dizaines de milliers même. Nous avons créé de plus en plus de brèches, mais si nous pouvions simplement réussir à ouvrir une seule faille qui ne se refermerait pas aussi rapidement qu'elle était créée alors nous pourrions…' 

« Attaquez ! » dis-je, sans réellement croire au plan fou qui se formait dans mon esprit.

« Quoi ? » demanda-t-il, confus, n’en croyant pas ses oreilles.

« Jetez toutes vos forces dans la bataille », ordonnai-je d’un ton plus cassant, agacé qu’il essaie déjà de remettre en doute mon opinion alors que la bataille n’était pas encore terminée.

« Vous n’avez pas… » tenta-t-il de dire, mais je l’interrompis froidement, mon regard fermement planté dans le sien, le défiant de faire quoi que ce soit :

« Jusqu’à la fin de cette journée, je suis le commandant en chef de cette armée. Tout ce que j’ai à faire, c’est d’ouvrir une porte, et j’irai le faire personnellement s’il le faut. Mais il n’est pas question que nous ayons fait tout cela en vain… EXÉCUTION ! »

'Il n’est pas question que nous perdions cette bataille alors que j’ai autant sacrifié. Soit nous gagnons, soit nous perdons tout' pensai-je, tout en donnant un coup de talon à mon cheval et en me dirigeant vers le centre des remparts, bien décidé à prendre cette ville. 

Car désormais, peu importe le résultat, je serai le seul perdant si la guerre s’éternise.

---

-POV Randyll Tarly-

« Monseigneur Marquis », dit Ser Rudolph, attirant mon attention.

« Toutes les troupes ennemies avancent. Ils préparent une attaque totale. »

'C’est parfait' pensai-je en observant les ennemis progresser. 

Leur frénésie allait leur coûter cher.

« Transmettez à tous les capitaines : suivez les ordres de mon fils et repliez-vous selon les zones attribuées, quoi qu’il arrive », ordonnai-je.

Je pris une profonde inspiration. La vraie bataille ne faisait que commencer.

« SOLDATS DE L’EMPIRE ! », hurlai-je pour galvaniser mes troupes.

« VOUS FAITES LA FIERTÉ DE L’EMPIRE, DE L’EMPEREUR, DE VOS FAMILLES ET DE MON NOM ! »

« UUUUUUUUUUAAAAAAAAAAAAAAAAAA », rugirent mes hommes, prêts à se battre jusqu’au bout.

'Pour l’Empire, pour la maison Tarly' pensai-je, serrant Corvenin, prêt à mener l’assaut final.

La frénésie de l’ennemi augmentait.

Je voyais des échelles apparaître une par une, jusqu’à ce qu’il n’y ait même plus d’espace entre elles.

Elles formaient un mur continu, une véritable marée humaine déferlant contre nous.

'Ils mettent tout dans cette attaque totale' pensai-je en abattant un autre assaillant.

Mon épée décrivit un arc avant de trancher proprement le visage de l’homme qui grimpait.

Son cri d’agonie se perdit dans le tumulte de la bataille.

Un instant plus tard, je remarquai une silhouette inhabituelle parmi les assaillants.

Un Immaculés.

'Ils envoient leurs meilleurs guerriers maintenant' pensai-je.

L’Immaculé bondit, sa lance visant mon plastron.

Je réussis à esquiver de justesse, tranchant sa cuisse en riposte.

Mais il n’était pas seul.

Deux autres Immaculés gravirent rapidement les échelles et rejoignirent le premier.

Mes hommes se jetèrent sur eux, mais il ne fallut que quelques instants pour que les trois Immaculés les abattent avec une efficacité terrifiante.

Je profitai de la position du premier, dont la lance était encore coincée dans le plastron de l’un de mes soldats, pour trancher son bras.

Pourtant, il ne broncha pas et riposta immédiatement avec son bouclier, me déséquilibrant.

Alors que je retrouvais mes appuis, le deuxième Immaculés tenta de m’achever.

Mais j’avais anticipé son mouvement.

Bloquant sa lance entre mon bras et mon flanc, je lui plantai mon épée dans la gorge avant de me retourner pour décapiter le premier d’un coup puissant.

« AAAARGH ! » Un cri de douleur m’échappa.

Je regardai vers le bas pour voir une lance plantée dans ma jambe droite. Le troisième Immaculé avait profité de l’ouverture.

En relevant les yeux, je vis que les trois Immaculés s’étaient transformés en une quinzaine.

Le mur était envahi.

Je me mis à genoux, la douleur dans ma jambe m’empêchant de me relever.

Autour de moi, mes hommes reculaient, dépassés par le flot d’ennemis.

Je me préparai à un dernier combat, déterminé à vendre chèrement ma vie.

C’est alors qu’un homme en armure dorée, resplendissante, apparut.

Les Immortels s’écartèrent instinctivement pour lui ouvrir un passage.

'Vynassa Vhassar' pensai-je, reconnaissant l’arrogant cousin du Triarque de Volantis.

« Laissez-le-moi. Je veux le tuer moi-même », déclara-t-il d’un ton suffisant.

« Vynassa Vhassar », dis-je à voix haute, peinant à rester debout.

« Marquis », répondit-il, son ton empreint de moquerie et de triomphe.

Il leva doucement sa lame pour me forcer à lever le menton, m’obligeant à regarder mes chevaliers reculer méthodiquement, respectant les ordres.

'Parfait. Continuez comme ça' pensai-je en croisant le regard de Ser Rudolph, fidèle jusqu’au bout.

Vynassa se rapprocha, savourant ce qu’il pensait être sa victoire.

Je ne lui laissai pas le temps de savourer davantage.

Sans un cri, je bondis, plongeant Corvenin directement dans son cœur.

Un éclair de surprise passa sur son visage.

Sa lame transperça ma gorge, et je sentis des lances pénétrer mon corps de toutes parts.

Je tombai à genoux, m’étouffant dans mon propre sang.

'Vas-y, Samwell. Prends ce qui nous revient et rends fiers nos ancêtres' pensai-je dans mes derniers instants.

Ma dernière pensée alla à Melessa.

'Pardonne-moi, mon amour.'

La douleur, le poids des responsabilités, tout disparut d’un seul coup, alors que l’obscurité m’enveloppait.


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