-Chapitre 212-
Added 2024-12-04 00:35:37 +0000 UTC-Chapitre 212-
-POV Benjen Stark-
« Ned », dis-je en attrapant mon grand frère dans mes bras, soulagé de le voir enfin là.
'Ce n’était plus possible de tenir avec uniquement les légionnaires', pensai-je, heureux de voir enfin arriver les troupes Lannister et Ned.
« Comment vas-tu ? » me demanda-t-il.
J'allais répondre, mais je vis qu'il n'était pas venu seul.
'Robb', me dis-je en voyant l'aîné de mes neveux me fixer calmement.
'Un regard bien froid pour un si jeune âge', pensai-je en comprenant qu'il avait sûrement eu son lot d'épreuves dans la vie.
'La rébellion de Roose Bolton et les Greyjoy sans aucun doute, mais c’est ce genre de regard dont nous avons besoin pour combattre les monstres qui n’étaient encore que des contes pour nous tous il y a quelques années', me dis-je avant de finalement répondre à mon frère.
« Je suis épuisé, tout comme mes hommes d'ailleurs, nous le sommes tous », dis-je, car c’était la stricte vérité. Depuis le début, nous avions perdu pratiquement les trois quarts des forces que nous avions stationnées ici.
« Comment est-ce que tu tiens ? » me demanda mon frère avant d'ajouter : « Tu as une mine affreuse. »
Je souris tristement, véritablement épuisé, et dis :
« Ce qui nous garde tous éveillés et prêts à nous battre à tout moment, c’est l’horreur que nous ressentons à l’idée de finir par devenir l’un des leurs, l’un de ces monstres. »
« Il avait donc raison », dit Ned en fermant les yeux.
'Qu'espérais-tu, mon frère ?', pensai-je, légèrement amusé par sa réaction.
« Tout était vrai », dis-je en poussant un soupir las, pratiquement désespéré à l'idée de devoir combattre à nouveau ces créatures, avant d'ajouter :
« Les marcheurs blancs, les morts qui marchent, le Roi de la Nuit, les araignées géantes, tout était vrai. »
« Comment as-tu réussi à survivre ? » me demanda-t-il en regardant le peu de soldats qui restaient dans le fort.
« La chance sûrement », dis-je en repensant à tous les soldats qui nous avaient quittés.
'Des hommes qui se sont sacrifiés pour une cause bien plus grande que leurs petites personnes', pensai-je.
« Mais c’est en grande partie grâce aux armes, au Wildfire et… bien sûr à ça », ajoutai-je en touchant le pommeau de Dark Sister.
Ned hocha la tête en souriant, puis me demanda :
« Le Wildfire est-il aussi efficace ? »
Je hochai rapidement la tête et dis : « Dès que nous l'utilisons, nous empêchons l’armée des morts de se jeter sur le Mur. »
« Pourquoi ? » me demanda Ned, avant d'ajouter : « Ont-ils peur de ce feu ? »
Je haussai les épaules, puis dis : « Je ne sais pas s'ils en ont peur, mais ce que je sais, c’est que cela empêche la majorité des grimpeurs de se fixer correctement aux parois, car la glace à laquelle ils s'accrochent fond et s'effrite, et ils tombent tout seuls. »
« Alors nous allons continuer à l’utiliser, et avec nos renforts, nous arriverons à tenir le Mur aussi longtemps qu’il le faudra », dit Ned sur un ton confiant.
J'étouffai un rire dans ma gorge, puis dis :
« Oui, mais nous ne pourrons pas continuer à gaspiller des pots de Wildfire sans cesse. Dans moins de trois semaines, nous serons à court. »
« Aegon enverra d’autres pots », dit Ned.
« Je le sais, mais il ne pourra pas en produire assez, nous serons forcément en déficit à un moment donné », dis-je.
« Ne pensons pas à cela pour le moment, Aegon se bat pour terminer rapidement cette guerre. Nous tiendrons ce mur le temps qu’il faudra, de toute façon nous n’avons pas le choix », dit Ned.
« Tu as raison, mon frère », dis-je en hochant la tête.
'Avec des renforts, nous pourrons tenir une voire deux lunes, même si nous n’avons plus de Wildfire', pensai-je.
Ned hocha la tête et me tapota l’épaule.
Alors que j'allais m'adresser à mon neveu, un jeune homme blond, portant une armure rouge avec des ornements de lions sur son plastron, dit du haut de son cheval :
« Où sont mes appartements ? »
« Ser Lancel Lannister, si j’ai bonne mémoire », dis-je en souriant au jeune homme qui menait les milliers de soldats Lannister.
Le jeune homme redressa légèrement son menton, fier d’avoir été reconnu, et dit :
« J’ai été mandaté par la mère du prince héritier de l’Empire. »
« Adressez tous mes remerciements à Cersei lorsque vous la verrez », dis-je, sincèrement reconnaissant.
Même si je me doutais que Cersei arriverait à tirer parti de son aide dans le futur et qu’elle y gagnerait grandement, ne serait-ce qu’auprès d’Aegon, j'étais aussi parfaitement conscient qu’il avait été extrêmement audacieux de faire preuve d’autant de foi.
'Aider les "barbares du Nord" à repousser une invasion dont même Aegon a peur, au risque d’y perdre son armée entière, c’est audacieux', pensai-je.
« Suivez-moi, je vais vous montrer votre chambre », dis-je, décidant de ne pas vexer le petit garçon qui n’attendait qu’un peu de reconnaissance.
'Cela ne sert à rien de le frustrer, les morts le feront très bien cette nuit', me dis-je en lui indiquant le chemin à suivre.
---
-POV Samwell Tarly-
J'observai le soleil commencer à décliner, signe que l'après-midi avait commencé, et dis en entendant les cris des blessés qui étaient escortés vers les quartiers transformés en infirmerie :
« C’est bientôt terminé. »
« J’ai compté pas moins de 3 000 soldats blessés ce matin, dont 1 000 seulement cette dernière heure », dit Corian, s'inquiétant du nombre croissant de blessés.
'Au moins 4 000 soldats blessés et 1 500 hommes cette dernière heure', pensai-je en observant un soldat transporté par quatre hommes engagés dans la ville comme brancardiers.
« Si mes calculs sont corrects et que le nombre de nos morts est du même acabit, nous perdrons sans aucun doute notre position dominante à la fin de cette journée », dit Corian.
'Sûrement pas. Mon père n’est peut-être pas le père idéal, mais il tiendra jusqu’à la fin de la journée', pensai-je, gardant néanmoins mes pensées pour moi et écoutant plutôt ce que tout le monde avait à dire.
« Et même si nous perdons le Mur ? » dit Jonothor, défiant du regard Corian.
'Oh non, ça ne va pas encore recommencer', pensai-je en voyant à nouveau les deux se préparer à se livrer un combat de coq.
« À la fin de cette journée, même si nous perdons le Mur, nous les vaincrons quand même. »
« Et comment vas-tu faire ça, gros malin ? » dit Corian, cherchant à provoquer Jonothor.
« Chacun des légionnaires vaut au moins dix de leurs hommes », dit Jonothor, exagérant comme toujours la force de nos hommes.
Corian roula des yeux, comme chacun d’entre nous, puis dit d’un ton bourré de sarcasme :
« Oui, et toi tu vaux cent hommes. »
« Ne m’insulte pas », dit Jonothor, sérieusement énervé, nous tendant tous, avant d’ajouter en hurlant : « Je vaux au moins un millier d’entre eux ! »
Nous éclatâmes tous de rire, même Corian, mais je remarquai que Trystan était ailleurs. Il dit :
« Mais s’ils entraient dans la ville, est-ce que ce serait vraiment si grave ? »
« À quoi penses-tu ? », demandai-je à Trystan, car il était le bras armé d’Aegon.
'Trop ambitieux pour être nommé à ma place', pensai-je, car j’étais conscient qu’Aegon m’avait fait commandant en chef non seulement pour mon ascendance, mais aussi pour mon obéissance.
'Il sait que je ne prendrais jamais une place qu’il ne me donnerait pas', me dis-je intérieurement.
« À la tactique de siège perdu numéro sept », dit Trystan.
Je fronçai les sourcils, cherchant dans mes souvenirs, car c'était l'une des toutes premières tactiques de combat que nous avions apprises avec Aemon.
« Celle des combats de rues ? », demandai-je.
« Exactement », dit Trystan.
« C’est une vieille tactique que nous n’utilisons plus. Nos hommes n’y sont pas familiers », dit Elric, les sourcils froncés.
« Ils n’en ont pas besoin, tant que les officiers le sont », répondit Trystan.
'Et ils le sont', me dis-je intérieurement, car la plupart des officiers étaient d'anciens manteaux d’or.
'L’armée originelle à l’origine de tout, les piliers de l’Empire', pensai-je, fier de faire partie de cette armée et de ce que mes frères d’armes et moi avons accompli.
« C’est risqué et cela demande de la préparation », dis-je. Même si nous réussissions à exécuter parfaitement le plan mis en place dans ce cas de figure, cela ne signifiait pas forcément que nous allions remporter la victoire.
« Mais en cas de victoire… », dit Jordy sans terminer sa phrase.
J'hochai la tête, puis dis, reconnaissant que c’était peut-être une meilleure idée que celle que j’avais eue :
« Mais en cas de victoire, nous réussirons à les enfermer dans un piège si mortel qu’ils perdraient la moitié de leurs forces avant même d’être totalement entrés dans la cité. »
« Et ce n’est pas tout », dit Trystan, rebondissant sur mes paroles.
« Continue », dis-je, curieux de ce qu’il voulait ajouter.
Trystan prit une profonde inspiration et exposa son plan :
« Si nous parvenons à verrouiller une zone près de chaque porte, où une légion devra attendre en embuscade, et si nous postons des archers sur les toits ainsi qu’aux fenêtres, puis que nous les achevons avec une charge de la cavalerie afin d’enfoncer les lignes ennemies dans le chaos… »
'Hmm, assez similaire à ce que j’imaginais', pensai-je, mes pensées rejoignant celles de Trystan.
« Hmm, je vois très bien où tu veux en venir », dis-je, pensif.
« Qu’en penses-tu ? », me demanda-t-il.
« C’est très risqué, mais avec notre atout, nous avons une chance de mettre un terme à l’ambition cupide des cités libres », dis-je.
---
-POV Aegor Velaryon-
« FLOTTE ENNEMIE EN VUE, CAPITAINE ! » hurla un de mes hommes, guettant l'horizon depuis le sommet du mât principal.
'J'ai des yeux', pensai-je en voyant la fumée de loin ainsi que les flammes qui éclairaient cette sombre fin d’après-midi.
« Aux rames !!! », hurlai-je en repérant une petite unité de navires tentant de s’échapper de cet enfer de flammes sur les eaux.
Sans attendre, mes hommes se mirent rapidement aux barres, et une fois prêts, ils me regardèrent tous, attendant mes instructions.
« Prêts ? »
« PRÊTS !!! », crièrent-ils en chœur.
« Souquez !!! », hurlai-je.
« SOUQUEZ ! », répondirent mes hommes en poussant les barres avant de les tirer vers l'arrière.
BRUITS DE TAMBOURS
---
-POV Sardanorio Typaria-
'Nous devons absolument nous créer une percée dans cet enfer de flammes, sinon nous finirons tous par y passer', pensai-je en observant notre fière flotte, regroupant plus de 2 000 navires, désormais réduite à un amas de cendres fumantes.
'Il ne nous reste que la moitié de nos navires, nous sommes éparpillés, et en plus de cela, nous n’avons plus de projectiles. Nous sommes désormais des cibles faciles', pensai-je.
RUGISSEMENT DE DRAGON
Le dragon brun se rua sur nous et incendia à nouveau une dizaine de navires avant de grimper dans les nuages. Je regardai le ciel et compris que le cavalier du dragon vert, probablement l'Empereur de Westeros, devait être épuisé après autant de temps passé sur son dragon, car il ne redescendait plus du ciel depuis un petit moment.
« Capitaine !! » hurla un homme que je ne connaissais pas, car j'avais été repêché par cet équipage, dont le capitaine avait été tué par un tir de scorpion venant d’un navire allié.
'Heureusement que le projectile n’a pas touché le mât, mais a simplement brisé une partie du pont supérieur, ce qui nous permet toujours de nous en sortir', pensai-je.
« Qu’y a-t-il ? », criai-je.
L’homme me fit signe de regarder droit devant, sur la gauche, et c’est là que je compris.
'Il a arrêté d’attaquer une fois que nous n’avions plus de projectiles parce qu’il voulait laisser ses hommes nous achever une fois que nous serions affolés et sans commandement.'
Je fis signe aux capitaines des autres navires de notre petite flotte, réduite à quinze modestes navires de guerre, de regarder ce qui arrivait.
'Juste quand je pensais qu’il nous restait un maigre espoir de nous échapper', pensai-je, totalement vaincu, me demandant pourquoi j’avais accepté de me battre contre l’Empereur Dragon de Westeros.
'Quelle folie.'
*BRUITS DE TAMBOURS*
« Drapeau blanc », dis-je en entendant les bruits de tambours de la flotte adverse.
« Quoi ? », dit mon second, n’en croyant pas ses oreilles.
« HISSEZ LE DRAPEAU BLANC ! », hurlai-je, face aux regards écarquillés et surpris de mes hommes.
« Mais capitaine, nous ne pouvons pas ! Nous sommes encore nombreux, nous sommes plus nombreux qu’eux », dit mon second.
'Vous êtes vraiment aussi bêtes que ça ?', me dis-je intérieurement en les observant correctement.
« Cela ne sert à rien, nous sommes éparpillés dans cet enfer de flammes, et la fumée nous cache les uns des autres. Nous devons nous rendre si nous voulons vivre », dis-je, totalement vaincu et à bout de forces.
'Cela ne sert strictement à rien de continuer à se battre alors que nous n’avons plus aucun espoir de réussite', pensai-je.
Mon nouvel équipage fronça les sourcils, mais finalement, ils hochèrent la tête, et quelques instants plus tard, un drapeau blanc fut hissé, signe de notre reddition.
'Comment gagner contre de tels dieux de la destruction ?', pensai-je en voyant le dragon redescendre des cieux une énième fois pour déverser son souffle destructeur sur des navires piégés dans les flammes.