SakeTami
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-Chapitre 207-

-Chapitre 207-

-17e jour de la 4e lune de l’an 301 AC-

-POV Viserys Targaryen-

Je fronçai les sourcils en me débarbouillant le visage et remerciai la servante pour qu’elle me laisse seul.

J’observai mon reflet dans le miroir du Seigneur de l’Île d’Estermont.

‘C’est vraiment n’importe quoi,’ pensai-je en admirant ma nouvelle silhouette.

Après le rituel magique, je m’étais effondré de douleur, et lorsque je m’étais réveillé, Aegon était déjà parti depuis plusieurs heures.

J’avais tenté de le rattraper en repartant immédiatement malgré les protestations de Dany, qui semblait sincèrement préoccupée par ma perte de conscience.

Aegon avait simplement demandé à Dany de me dire de prendre une journée pour me reposer à Estermont avant d’attaquer Tyrosh et Myr.

‘Son plan est brillant,’ pensai-je intérieurement, me concentrant sur la mission qui serait la mienne aujourd’hui.

‘Prendre Tyrosh,’ pensai-je avec un léger sourire, impatient d’accomplir la tâche qu’il m’avait confiée.

‘Et de tester mes nouveaux pouvoirs,’ me dis-je.

Le plan était extrêmement simple : comme les Stepstones subissaient un siège, Aurane Velaryon avait reçu l’ordre de faire reculer rapidement toute la 1ère flotte impériale et d’évacuer les garnisons en poste sur chaque île pour assurer la défense des ports et des forts que nous y avions construits.

Nous avions, ces derniers mois, implanté dans le cœur de nos ennemis la conviction que nous étions à deux doigts de rompre, car nous ne pouvions déplacer les dragons en raison de l’état précaire du royaume après le départ des principaux légionnaires, remplacés par des paysans.

Cette croyance avait incité toutes les cités participant à cette… ou plutôt ces coalitions d’Essos à penser qu’elles pouvaient nous vaincre.

Les Rhoynar avaient bien combattu les seigneurs dragons, alors pourquoi pas eux ?

‘Aegon se moque souvent d’eux en disant qu’ils se voient comme les héros de leur propre histoire,’ pensai-je en commençant à m’habiller.

Le rythme de ce repli ne devait pas être trop rapide, car si certains flairaient le piège, ils pourraient chercher à découvrir ce que nous cachions.

Mais il ne devait pas être trop lent non plus, sinon nous risquions de ne pas être synchronisés avec l’attaque sur Lys.

‘Nous devons les étouffer dans l’œuf,’ pensai-je.

Le positionnement de Myr et de Tyrosh était un véritable obstacle pour nous, comme Pentos était une épine dans le flanc de Braavos et de Volantis.

‘Et ils en ont bien profité,’ pensai-je.

Très rapidement, les différentes flottes alliées de la coalition d’Essos avaient commencé à encercler les Stepstones, avec les flottes de Myr et de Tyrosh au nord, et celles de Lys et Volantis au sud, nous prenant en étau et empêchant tout ravitaillement par ces deux voies, ne laissant que Dorne comme route de ravitaillement.

Cette solution avait fonctionné un temps, mais les cités libres d’Essos avaient également fait appel aux pirates qui autrefois pillaient le Détroit et étaient désormais inactifs depuis qu’Aurane avait pris les Stepstones.

Ils avaient donc chargé ces “mercenaires” de couper les routes maritimes d’approvisionnement, tout en prenant d’abord les îles bordant Dorne pour encercler complètement la 1ère flotte impériale commandée par Aurane.

‘Ils avaient réussi à le faire avec deux flottes au nord, deux au sud, et en prenant les îles à l’ouest, ils avaient piégé notre flotte dans un étau tel qu’elle ne pouvait que reculer, tant la différence en navires de guerre et en hommes était abyssale.’

La Triarchie avait mis pratiquement toutes ses forces à disposition de cette alliance : plus de 1 000 navires de guerre, auxquels s’ajoutait la flotte de Volantis avec ses 1 100 navires. Cela faisait plus de 2 000 navires de guerre ennemis contre seulement 300 dans la flotte impériale.

En nourrissant sans cesse leur ego, en leur faisant croire que nous ne pouvions que résister passivement et que nous étions des tigres de papier, à cause de l’étendue de notre territoire à protéger, ils pensaient aujourd’hui avoir gagné et dominer le Détroit.

‘Mais pour combien de temps ?’ pensai-je en attachant la dernière pièce de mon armure, impatient de me retrouver sur le champ de bataille.

Car tandis qu’une garnison laissée en sacrifice à l’ennemi resterait sur Bloodstone pour attirer leur attention, la majorité de notre flotte prendrait la fuite vers l’est et remonterait vers Tyrosh, avec pour unique objectif de prendre rapidement la cité et de verrouiller la partie sud du Détroit.

‘Ils pensent tous que la noblesse nous affaiblit avec des parasites qui se nourrissent de notre sang, mais ils vont comprendre ce qu’est la Maison Targaryen,’

‘La puissance qu’elle peut déployer, mais aussi l’unité qu’elle instille dans son peuple,’ pensai-je, me sentant fin prêt.

‘À cette heure, il doit déjà avoir commencé le carnage,’ pensai-je en observant le soleil sur le point de se lever.

---

-POV Salladhor Saan-

Tandis que j’observais, avec un œil coquin, les prostituées amassées autour de moi se plier à la moindre de mes exigences et à chacun de mes caprices, je ne pus m’empêcher de ressentir une satisfaction maladive.

Pendant des lunes entières, j’avais été considéré comme un pestiféré dans cette ville de plaisir dont je suis originaire, pour avoir soutenu le mauvais roi.

Tout le monde voyait en moi une sorte de rat condamné, prêt à mourir pour avoir osé déclencher la colère du dragon.

Mais voilà, plusieurs années avaient passé depuis la fin de cette guerre, et le dragon n’avait sans doute aucune idée que le rat que je suis n’était pas mort.

Pendant très longtemps, je m’étais estimé chanceux d’avoir survécu à la colère du dragon, jusqu’au jour où ils décidèrent de contrôler le détroit, car cela signifiait que je ne pourrais plus exercer mon… art.

J’avais longtemps pensé que ma vie était finie ; une grande partie de mon équipage m’avait abandonné pour travailler comme garde ou marin sur des navires de commerce.

‘Ils les détroussaient encore deux lunes auparavant,’ pensai-je intérieurement, d’un ton ironique, en repensant à cette époque.

Tout le monde n’arrêtait pas de me répéter que j’étais fini et que je finirais comme les Fers-Nés. Mais je suis encore là, et je n’ai plus faim : les mêmes qui se moquaient de moi viennent aujourd’hui me supplier de les prendre en mer pour toucher une part du butin.

‘Dix-neuf navires de guerre westerosi équipés de scorpions et une centaine de navires de commerce,’ pensai-je, appréciant intérieurement ma réussite, tandis qu’une prostituée aux traits valyriens me massait le crâne.

‘Et dire qu’à Westeros elles sont reines et impératrices, alors qu’ici elles ne servent qu’à me vider les couilles,’ pensai-je en attrapant sa croupe.

Elle poussa un cri de surprise feint, jouant les vierges effarouchées, alors que nous savions tous deux que j’avais payé, comme bien d’autres hommes avant moi, pour la baiser.

'Et comme beaucoup d'autres après moi' pensai-je.

Alors que j’allais commencer à la déshabiller pour profiter d’un traitement digne d’un empereur, j’entendis les cloches sonner au loin.

‘Merde…’ pensai-je en ramassant rapidement mes vêtements éparpillés un peu partout dans la pièce.

Je lançai ma bourse en entier, et, tout en tenant ma ceinture d’arme et mon pantalon pour qu’il ne tombe pas sans ma ceinture, je courus dehors.

Une fois à l’extérieur, je vis tout le monde aux fenêtres, essayant d’apercevoir ce qui se passait vers le port.

Ce que je vis me glaça le sang, car, même de loin, je pouvais distinguer les dragons à trois têtes rouges sur fond noir.

‘Merde, la flotte des Îles d’Été est revenue. Nous devons rapidement préparer nos défenses, sinon ils vont prendre la ville et mes foutus bateaux,’ pensai-je en jetant un homme à cheval de sa monture et en talonnant le cheval pour galoper rapidement vers le port, où je pourrais sortir ma flotte avant de me faire prendre au piège sur terre.

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-POV Aegor Velaryon-

« SOUQUEZ ! » hurlai-je en voyant les navires commencer à tenter de quitter le port.

Cela faisait des lunes que je ne dormais plus, cherchant désespérément un moyen de regagner la considération de l’Empereur, car je savais que mon poste de Grand Amiral de la 3e flotte impériale était loin d’être assuré, surtout après ce que le Prince Viserys avait probablement dit à son neveu à mon sujet.

‘Et voilà ma chance, la chance de rattraper mes erreurs et de prouver à l’Empereur que je suis aussi important qu’Aurane et que je peux faire un meilleur travail que ce bâtard,’ pensai-je, le cœur battant d’impatience en observant l’une des trois bâtardes de Valyria.

« FAITES SONNER LES TAMBOURS ! » criai-je aux soldats chargés de battre les tambours pour que nous entonnions le chant que tous les marins de l’Empire avaient appris sans exception.

‘Nous allons diviser la flotte en deux : une petite partie des navires s’occupera d’encercler complètement le port pour empêcher toute évasion de Lys, tandis que le reste aura pour seul objectif de prendre le port,’ pensai-je en commençant à chanter l’hymne de la marine impériale, "Voguer vers la victoire".

---

Au port de Lys, nous voguerons, 

Hourra ! Hourra ! À Lys, nous frapperons ! 

Le feu et le fer, sur les flots déchaînés, 

Nous sommes la tempête, rien ne peut l’arrêter. 

Voyez le dragon, sur la mer il rugit, 

Ses ailes déployées font trembler l’ennemi. 

À la proue nos étendards, écailles d’argent, 

De l’éclair du Targaryen, nul n’échappe au vent.

Au port de Lys, nous voguerons, 

Hourra ! Hourra ! À Lys, nous frapperons ! 

Le feu et le fer, sur les flots déchaînés, 

Nous sommes la tempête, rien ne peut l’arrêter. 

Lys, entends-nous ! Ton port va brûler, 

Pour le Trône de Fer, nous allons t’assaillir. 

Par le feu de nos arcs, et les lames affûtées, 

Notre victoire écrite, dans les cieux enflammés. 

Au port de Lys, nous voguerons, 

Hourra ! Hourra ! À Lys, nous frapperons ! 

Le feu et le fer, sur les flots déchaînés, 

Nous sommes la tempête, rien ne peut l’arrêter. 

Nos coques fendront, les flots sombres et clairs, 

Et nous frapperons Lys, pour la gloire de nos pères. 

Pas un ne reviendra sans conquérir la mer, 

La maison Targaryen règne, comme hier !    

Au port de Lys, nous voguerons, 

Hourra ! Hourra ! À Lys, nous frapperons ! 

Le feu et le fer, sur les flots déchaînés, 

Nous sommes la tempête, rien ne peut l’arrêter.

---

En terminant le chant, je pouvais sentir que tous mes soldats étaient galvanisés, prêts à se battre et à prendre d’assaut le port.

Avec les légions du Prince Viserys, nous n’aurions aucune difficulté à prendre la ville et à la contrôler.

Une fois que nous avons atteint le port, j’ai remarqué que de nombreux navires tentaient de nous contourner pour s’enfuir et que les portes séparant la ville et le port étaient en train de se fermer.

‘L’aube, le moment parfait pour une attaque surprise,’ pensai-je en observant les premières lueurs du soleil à peine visibles.

RUGISSEMENT DE SYRAX

RUGISSEMENT DE RHAEGAL

Je tournai la tête vers le ciel et, en voyant les dragons, un soulagement immense me submergea, dissipant la légère anxiété qui venait de s’installer en moi.

J’observai, complètement stupéfait, la descente vertigineuse en piqué des deux dragons.

Les deux descendaient trop rapidement et dans des directions opposées.

En un clin d’œil, ils avaient pratiquement atteint les remparts séparant le port de la ville, puis se redressèrent d’un puissant battement d’ailes.

Les dragons ouvrirent leurs énormes gueules, capables de…

‘Je ne sais même pas ce qu’ils seraient capables d’avaler, mais certainement bien plus qu’un humain,’ me dis-je, intérieurement terrifié par leur puissance.

Ils expirèrent alors un torrent de flammes sur les remparts. Le souffle de feu vert et celui, d’un brun presque bronze, de Syrax se combinèrent et firent exploser une grande partie du mur.

‘Dire qu’à une époque, mes ancêtres ont dompté de telles bêtes,’ pensai-je distraitement.

Mais ce qui retint véritablement mon attention ne fut ni les deux dragons, qui continuaient à survoler les remparts pour calciner tous les gardes fatigués et désorientés par la garde nocturne et notre attaque surprise, mais bien la silhouette qui s’était détachée du dos de Rhaegal et flottait maintenant dans les airs.

En voyant cette silhouette immobile dans les airs, je sus immédiatement de qui il s’agissait.

‘C’était mon moment, le moment de me faire remarquer.’

Je hurlai : « L’EMPEREUR NOUS REGARDE ET A DÉCIDÉ DE SE BATTRE AVEC NOUS ! »

Un rugissement indescriptible, composé de cris de marins et de légionnaires venus de toutes parts, fit vibrer tout mon corps, comme si la foudre me frappait et m’insufflait une énergie et une force insoupçonnées.

Je serrai fermement ma hache et la levai en criant :

« NE FAITES PAS HONTE À L’EMPEREUR ! »

‘Allons prendre cette catin,’ pensai-je en posant le pied sur le quai d’une des trois bâtardes de la Vieille Valyria.


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