SakeTami
Ghostrider0002
Ghostrider0002

patreon


-Chapitre 206-

-Chapitre 206-

-POV Samwell Tarly-

« Cela fait plusieurs lunes que ce manège dure, j’en ai vraiment marre, » dit Jonothor en râlant face à la mer de soldats en dessous de nos murs, tentant de nous assiéger.

Je souris doucement et dis : « Ne sois pas grincheux, nous gardons l’avantage. »

« Tu sais très bien qu’on pourrait les détruire facilement en combat ouvert ; à la place, on est obligés de résister passivement à leurs attaques, jour et nuit, » répondit-il, l’air à bout, visiblement à deux doigts de sauter dans la mer de fantassins des cités libres et de mercenaires au pied de nos murs.

Je secouai la tête et tapotai son épaule : « Mets ton casque et retourne à ta position, ils arrivent. »

‘Comme d’habitude, ils envoient d’abord les fantassins des cités libres, puis les unités de mercenaires expérimentés sur les flancs pour tenter d’ouvrir une brèche dans notre défense,’ pensai-je, peu impressionné par le commandement de l’armée de la coalition composée des cités de Lorath, Norvos, Qohor, Braavos, Volantis, Volon Therys, Myr, Lys et Tyrosh.

‘Ils n’ont vraiment aucune idée de ce dont nous sommes capables,’ me dis-je en regardant les éléphants portant des prototypes de scorpions dispersés parmi les rangs des assaillants.

‘Si Aegon voulait vraiment leur porter un coup dévastateur, il lui suffirait de se cacher dans les nuages et de fondre sur cette armée bien trop grande, sans commandement central, pour la détruire en un seul après-midi,’ pensai-je.

Malgré mes pensées, je ne me faisais pas d’illusions, car je savais que ce n’était pas ici que nous pourrions influer sur le cours de cette guerre qui touchait désormais même la Baie du Dragon.

‘Tant que nous tenons Pentos, leurs armées resteront bloquées. Mais pour pouvoir lancer de véritables actions, la situation en mer doit changer.’

« ARCHERS, ENCOCHEZ ! » hurla Florian alors que je levais le poing face aux flots de soldats qui couraient comme des forcenés, boucliers levés pour se protéger comme ils pouvaient.

Je desserrai le poing en me demandant intérieurement où Aegon frapperait et comment il renverserait la situation, car je le connaissais : il finirait par trouver une faille dévastatrice dans le jeu de son adversaire.

« BANDEZ VOS ARCS ! » Florian hurla de nouveau, cette fois pour donner l’ordre suivant.

Voyant que les fantassins étaient enfin à portée de tir de mes archers, je baissai soudainement le bras et, instantanément, Florian cria : « LÂCHEZ ! »

SWIIIIIIIISH

Une pluie de flèches s’abattit immédiatement sur l’armée en contrebas, qui essayait à présent de placer des échelles sous nos murs.

‘Les soldats de la 10e sont en forme,’ pensai-je en observant la façon dont tous les mouvements de mes légionnaires étaient parfaitement synchronisés.

SWIIIIIIIISH

« ENCOCHEZ… BANDEZ… LÂCHEZ ! » criait Florian pour donner le rythme aux archers.

SWIIIIIIIISH

‘Ils n’ont même plus besoin des ordres de Florian. Avec leur entraînement, ils savent exactement comment et quand tirer.’ 

SWIIIIIIIISH

‘Toutes ces années d’entraînement intense nous servent finalement bien,’ pensai-je en me souvenant des premières plaintes parmi mes subordonnés lorsque Aegon avait recalé les moins rigoureux malgré leurs états de service dans la Légion.

SWIIIIIIIISH

‘Mécontentement qui s’est dissipé au fil du temps, mais cette expérience sera toujours plus convaincante que n’importe quel discours,’ pensai-je, car, malgré l’avantage numérique de notre ennemi, ni les commandants ni les légionnaires ne craignaient de les affronter, tant la différence tactique et la qualité des troupes étaient flagrantes.

« ÉCHELLES ! » hurla Florian en voyant de nombreuses échelles installées contre le mur.

‘Contrairement aux échelles traditionnelles, les échelles qohorii sont équipées de petits mécanismes qui s’accrochent au sommet des murs, rendant leur retrait difficile. Le temps de déverrouiller les pinces, ils sont déjà en haut,’ pensai-je en observant un mercenaire, apparemment formé à ce genre d’assaut rapide.

Je serrai fermement mon marteau de guerre et frappai de toutes mes forces la mâchoire de l’homme qui posait la main sur le sommet des remparts de la ville.

« NE LAISSEZ PAS UN SEUL DE CES CHIENS AU SERVICE DE CES PORCS DE BRAAVOS ET VOLANTIS POSER UN SEUL PIED SUR NOS REMPARTS ! »

« OUI, COMMANDANT ! » crièrent les fantassins également postés sur les murs, s’avançant pour protéger les archers qui continuaient de tirer sans relâche.

‘C’est reparti pour une autre journée d’enfer,’ pensai-je en abaissant la visière de mon casque de sanglier, décidé à tenir Pentos aussi longtemps qu’il le faudrait.

‘Aucun d’entre eux ne posera un pied sur ce mur,’ me promis-je en regardant la mer de soldats, forte de plus de 300 000 hommes.

---

-POV Viserys Targaryen-

« C’est pour aujourd’hui, » dit Aegon en caressant Rhaegal, le dragon qu’il avait nommé d’après son défunt père.

‘Mon défunt frère,’ pensai-je en essayant désespérément de me souvenir de son visage.

Je soupirai, repoussant brutalement les pensées distrayantes qui envahissaient mon esprit, puis dis : « Alors, c’est à notre tour d’entrer dans la Danse. »

« Hmm, » dit Aegon en me regardant, hésitant.

« Tu n’as jamais été du genre à mâcher tes mots, alors vas-y, dis-moi ce que tu as. Tu es bizarre. »

« Je n’arrête pas de faire un rêve, » dit Aegon, un peu mal à l’aise de parler de cela.

‘Il faut dire qu’il ne se confie pas à beaucoup de monde,’ pensai-je.

‘À sa décharge, j’étais assez similaire sur ce point, car pour que nous puissions nous reposer sur quelqu’un et lui confier nos pensées, il devait avoir un statut similaire au nôtre et nous devions pouvoir lui faire confiance,’ pensai-je.

« Quel genre de rêve ? » demandai-je plus par curiosité, car je doutais vraiment qu’il me le raconte.

Mais, contre toute attente, il me surprit en répondant sérieusement : « Le genre où Rhaegal meurt. »

Je fronçai les sourcils et dis : « Comment cela se produit-il ? »

‘Pourrait-il avoir des rêves de dragon comme nos ancêtres ?’ me demandai-je secrètement.

Aegon haussa les épaules, puis dit : « Je ne sais pas. Tout ce dont je me souviens en me réveillant, c’est une douleur foudroyante, le cri d’agonie de Rhaegal, puis je tombe du ciel alors que la chaleur me quitte et… »

« Et puis quoi ? » demandai-je, pressé de savoir ce qui pourrait le tuer dans son rêve.

‘Et qui pourrait potentiellement se réaliser dans la vie réelle,’ pensai-je, inquiet de trouver un moyen de m’en prémunir.

‘Je ne peux pas mourir maintenant. Ysilla et Rhaella auront encore besoin de moi dans les années à venir,’ pensai-je, tout en écoutant Aegon.

« Et puis je me réveille, » dit-il simplement.

Je fronçai les sourcils, sentant qu’il ne me disait pas tout.

« Ça m’a plutôt l’air d’être toi qui meurs dans ce rêve, » dis-je, car je ne voyais pas le rapport entre son rêve, sa “mort” et Rhaegal dans tout cela.

‘Il a peut-être peur d’aller à la guerre ; malgré tous ses pouvoirs, la peur de tout perdre peut faire flancher n’importe qui,’ pensai-je.

Aegon secoua la tête et dit : « C’est ça qui est étrange. Je sais que ce n’est pas moi qui meurs, j’en suis certain. C’est Rhaegal, car j’ai la même sensation que lorsque je vois à travers ses yeux. »

« Tu m’as dit que c’était commun pour un warg de rêver à travers les yeux de ses animaux, et si je me souviens bien, tu t’es même vanté d’avoir des cousins ayant ce même potentiel dans ce domaine de magie, » dis-je d’un ton léger, me souvenant qu’il avait même hésité à former sa jeune cousine/sœur pour qu’elle devienne sa future maîtresse des chuchoteurs en l’aidant à maîtriser son don.

« Tu ne comprends pas, Viserys, » dit Aegon, légèrement agacé, avant d’ajouter : « Les wargs ne peuvent pas voir des choses qui ne se produisent pas ; ils voient le présent. »

« Alors quoi ? Tu penses avoir vu l’avenir de ton dragon ? Que tu l’as vu mourir ? Que tu mélanges des rêves de dragon et des rêves de warg ? » lui demandai-je.

Aegon secoua la tête et dit : « Je ne sais pas ce que j’ai vu, c’est bien ça le problème. Je ne sais même pas si Rhaegal était vraiment mort. »

Je regardai Aegon, habituellement si sûr de lui, le regard perdu dans le vide, avant qu’il ne se tourne vers moi et ajoute : « Tout ce que je sais, c’est que si ce que j’ai vu dans mon rêve est l’avenir, alors je dois me préparer à cette éventualité. »

‘Il ne parle tout de même pas de sa propre mort,’ pensai-je, réalisant que ce qui le préoccupait n’était pas la mort de son dragon mais sa possible chute.

« Tu plaisantes ? Personne ne peut abattre nos dragons, encore moins toi, » dis-je, essayant de le ramener à la réalité. Nous ne pouvions pas avancer dans une guerre contre le reste du monde avec un chef perdu à cause de rêves et de prophéties.

‘Cela a déjà tué son père ; il est hors de question que cela le tue lui aussi, sinon les vautours afflueront pour nous exterminer définitivement,’ pensai-je.

Je n’étais pas aveugle à la force et au charisme d’Aegon, et je savais que s’il flanchait avant que la prochaine génération de dragonniers ne soit en âge de prendre les armes, nous serions plongés dans des troubles pouvant signer la fin de la Maison du Dragon.

« Personne de vivant, » dit Aegon, insinuant clairement que les morts pourraient l’abattre.

‘Ce que je refuse de croire. Personne n’a jamais été aussi puissant qu’Aegon, et ils ont pourtant été vaincus dans le passé,’ pensai-je.

« Aegon, tu délires complètement, » dis-je d’un ton sec, essayant de lui remettre les idées en place.

Le regard d’Aegon, jusque-là perdu dans le vide, se raffermit soudainement, et il dit :

« Viserys, je ne veux pas savoir ce que tu penses de mes visions. Ce que je veux savoir, c’est si tu veux ma couronne, oui ou non. »

‘Il a perdu l’esprit,’ pensai-je, ne le reconnaissant plus. Puis, plissant les yeux, je me demandai s’il ne s’agissait pas d’un test tordu pour vérifier ma loyauté.

« Bien sûr que non, » répondis-je presque immédiatement.

Aegon resta silencieux pendant quelques instants, son regard fermement ancré dans le mien pour déceler la moindre hésitation, avant de finalement soupirer et de dire :

« Alors, si je meurs, souviens-toi de cet instant et de la promesse que tu vas me faire maintenant. »

Je fronçai les sourcils et demandai : « Quelle promesse ? »

« Celle-ci, » dit-il en sortant son poignard en acier valyrien et en s’entaillant la paume de la main.

Il commença à entonner des chants dans une langue que je ne connaissais pas, puis passa au Haut-Valyrien :

« Nyke Aegon ēdrus hen vēzos zaldrīzoti vestri ondoso rhaenagor hen ondoso jelmyr ēngos iā Viserys Targārio udrir dārys se sikagon tolī ñuhys vaores ēza iksan. »

J’eus un peu de mal à tout comprendre, car je ne parlais généralement pas le haut valyrien avec mes serviteurs.

‘C’est une langue noble que je n’utilise qu’avec des nobles valyriens ou les membres de ma famille,’ pensai-je.

Mais je finis par comprendre qu’Aegon invoquait des forces mystiques pour, d’une certaine manière, me conférer du pouvoir.

(Moi, Aegon, invoque les forces restantes des quatorze flammes de Valyria pour donner à Viserys Targaryen la force de vaincre tous ses ennemis en échange du sacrifice d’une partie de ma flamme de vie.)

‘C’était donc bien un test,’ pensai-je, heureux de l’avoir passé, mais surtout soulagé qu’il cesse de m’inquiéter.

‘Comme si quelque chose pouvait vraiment le tuer ?’ pensai-je, me sentant un peu stupide de l’avoir cru.

Aegon me tendit le poignard, puis dit :

« Entaille-toi aussi la paume de la main, et répète après moi. »

Je me coupai assez profondément la paume de la main, et il dit :

« Moi, Viserys Targaryen, Prince de Riverrun. »

« Moi, Viserys Targaryen, Prince de Riverrun. »

« J’accepte de renoncer définitivement à mon droit au trône. »

« J’accepte de renoncer définitivement à mon droit au trône. »

« Et je fais le serment de sang de ne jamais porter les armes contre la descendance de l’Empereur Aegon Targaryen, et de la protéger de tous les dangers qui la menacent. J’en fais le serment, et ce serment sera transmis à tous les descendants de ma lignée. »

« Et je fais le serment de sang de ne jamais porter les armes contre la descendance de l’Empereur Aegon Targaryen, et de la protéger de tous les dangers qui la menacent. J’en fais le serment, et ce serment sera transmis à tous les descendants de ma lignée. »

« Je le jure aux noms des Sept Nouveaux Dieux, aux Anciens Dieux de la nature ainsi qu’aux Quatorze Flammes de Valyria. »

« Je le jure aux noms des Sept Nouveaux Dieux, aux Anciens Dieux de la nature ainsi qu’aux Quatorze Flammes de Valyria. »

J’hésitai, mais finis par répéter tout ce qu’il avait dit. Puis il me tendit la main, que j’attrapai, avant de sentir une douleur brûlante émaner de ma paume, envahir mon bras et se répandre dans tout mon corps, m’arrachant un cri.

« AAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHH ! »


More Creators