Sadie est une ex-femme battue, encore traumatisée par les blessures morales et physiques infligées par son mari et la perte de son fils. Pour sauver d’autres victimes de violences domestiques, femmes abusées et enfants maltraités, elle va se transformer en justicière en se formant aux techniques de combat.
Priorité du gouvernement actuel (dans les paroles plus que dans les actes), la violence faite aux femmes est au cœur du film Vigilante avec Olivia Wilde, présenté en 2018 à L'Étrange Festival et disponible en vidéo depuis la rentrée 2019.
L’un des atouts du film serait qu’il ne cherche pas à réveiller les instincts primaires chez ses spectateur.rices pour trouver sa force. Refusant la dimension spectaculaire, la réalisatrice Sarah Daggar-Nickson tient la violence physique hors-champ pour appuyer son propos.
Pas besoin de voir pour comprendre, la violence les femmes la connaissent, les spectatrices la devinent, l'anticipent. Les confrontations et le recueil de témoignages de femmes battues insistent sur la multitude des cas existants.
Si aucun CDI n'existe pour un travail comme celui la, on comprend cependant que c'est une quête de vengeance, une vocation dans le but de guérir en aidant les autres.
La résilience.
Sadie (personnage principale) tient les rôles de justicière et de thérapeute pour les femmes maltraitées ou les enfants abusés. Le film met au premier plan la douleur des victimes, trop souvent réduites aux incidents subis dans les films de vengeance. Ici, Daggar-Nickson s’attarde sur le visage des femmes battues, durant les séances du groupe de soutien auquel Sadie participe, plus que sur les actes punitifs. Ces femmes sont touchantes lorsqu’elles évoquent leurs émotions persistantes dirigées vers leurs bourreaux. Puis, c’est dans son ultime segment que Vigilante se recentre alors sur le combat personnel de Sadie.