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-Chapitre 87-

-Chapitre 87-

-16e jour de la 2e lune de l’an 301 AC-

-POV Margaery Tyrell-

Aux Tyrell,

J’imagine que vous êtes déjà au courant ou que vous vous en doutez, mais je retiens prisonniers de nombreux seigneurs que j’ai capturés et que j’exécuterai sans aucune pitié.

Dans le lot de prisonniers se trouve un certain Garlan Tyrell, accompagné d’une femme enceinte, à ce qu’il paraît.

J’espère que ce n’est pas un membre de votre famille, car cela me ferait de la peine pour vous.

Si c’est bien le cas, je veux bien l’épargner, lui et cette femme, à une toute petite condition : Paxter Redwyne devra attaquer la flotte d’Euron Greyjoy et la détruire avant la prochaine lune. Si cela n’est pas fait ou si j’apprends qu’un navire Redwyne a attaqué un navire sous mes couleurs, je décapiterai chacun de mes prisonniers en représailles.

Vous connaissez désormais le prix que paient mes ennemis.

Est-ce que vous voulez réellement parier la vie de ce pauvre Garlan et de sa femme enceinte pour tester ma détermination à gagner ?

Je n’en sais rien pour l’instant, mais je sais qu’avant la 4e lune de l’an 301 AC, je serai votre souverain.

Que Garlan soit vivant ou non pour me voir être couronné ne tient qu’à vous.

Ronnet.

---

Malgré le ton léger de cette lettre, les menaces qu’elle contenait me glaçaient le sang.

« C’est une catastrophe », dit Loras, en armure, prêt à diriger ses hommes vers Old Oak pour y rencontrer Tywin Lannister, qui avait réussi à assembler une armée de 30 000 soldats.

‘Avec les 60 000 soldats que nous avons, cela porterait notre nombre à 90 000, mais cela ne me rassurait pas du tout, car je savais pertinemment que Ronnet Connington avait le même nombre de soldats, si ce n’est plus.’

« Cela ne change rien, nous savions que c’était une possibilité », dit Grand-mère doucement, bien que je pouvais voir de nombreux regrets se bousculer dans son regard, pourtant toujours si froid et confiant.

« Cela change absolument tout », dis-je, outrée qu’elle ne se préoccupe pas de la vie de Garlan.

‘Elle n’a même pas pris une seconde pour y réfléchir’, notais-je, me demandant si elle réagirait de la même façon si c’était moi à la place de Garlan ou même de sa femme.

‘Bien sûr qu’elle ferait pareil’, pensai-je.

« Cela ne change rien du tout », rétorqua Grand-mère d’un ton ferme, avant d’ajouter, plus doucement, pour étayer son propos : « S’il nous envoie cela, c’est un aveu de faiblesse. Nous ne devons pas céder maintenant. »

« Il ne nous menace pas de tuer Garlan si nous retirons nos troupes, Grand-mère. Il nous menace de tuer Garlan et sa femme enceinte ainsi que tous les prisonniers avant la bataille si notre flotte dans le détroit n’attaque pas celle d’Euron Greyjoy », dis-je, soulignant que ce n’était pas que la vie de Garlan qui était en jeu.

Même en cas de victoire, nous perdrions Garlan et tous les otages.

‘Et je suis sûre qu’il se fera une joie de le faire savoir à tous, même en cas de défaite, ce qui affaiblira encore plus notre influence sur les Maisons du Sud, déjà plus fidèles aux Hightower, Florent, Tarly et Redwyne qu’à nous.’

« Et nous n’accepterons pas ce chantage », dit Grand-mère.

« Il ne bluffe pas, il le fera », dis-je, car j’avais l’impression qu’elle ne prenait pas les menaces de Ronnet Connington au sérieux.

« Je sais qu’il le fera. Mais si nous cédons à son chantage, c’est tout le monde qui mourra », répondit-elle.

« Pas forcément », ajoutai-je.

« Et comment pourrais-tu le savoir ? », me demanda-t-elle.

Je fronçai les sourcils, réfléchissant à ce que je ferais dans une telle situation.

Un lourd silence s’installa, jusqu’à ce que Willas prenne finalement la parole en s’adressant directement à notre père :

« Père, rappelez la flotte. »

« Pardon ?! » répliqua Grand-mère, surprise que Willas prenne position contre elle.

« Cela ne sert à rien de nous quereller », dit Willas d’un ton tranchant, réduisant Grand-mère au silence.

‘Quelque chose que Père n’a jamais réussi à faire’, pensai-je, impressionnée, car, même s’il n’était pas physiquement fort à cause de sa patte folle, Willas possédait une incroyable force de caractère.

« Nous ne pouvons pas être certains que, si nous agissons contre la flotte des Fer-nés, Ronnet Connington tiendra parole. En revanche, si nous reculons et gardons intacte la flotte d’oncle Paxter, nous pourrons avoir une monnaie d’échange. Même si la flotte de la Maison Connington parvient à maintenir sa souveraineté sur les Degrés de Pierre ou à détruire la flotte d’Euron Greyjoy, nous pourrons utiliser notre inaction comme levier pour négocier la vie de Garlan, de Leonette, et de leur enfant à naître. »

« Nous céderons donc à ce petit chantage », grogna Grand-mère, furieuse.

Personne ne répondit, mais le silence dans la pièce trahissait l’accord tacite de tous.

Je poussai un soupir de soulagement, car je n’avais pas eu besoin de jouer ma dernière carte.

« Garlan n’aurait jamais… »

« N’essayez pas de me dire ce qu’aurait voulu mon propre frère ! », interrompit Willas, exaspéré, avant de poursuivre : « Je sais très bien ce qu’il aurait voulu. Même s’il aurait compris que nous ne cédions pas à un chantage menaçant sa vie, il n’aurait jamais mis celle de sa femme et de son enfant en danger. »

Grand-mère fixa Willas pendant quelques secondes, puis détourna le regard en serrant la mâchoire.

Elle savait qu’il avait raison.

« Très bien. Alors, rappelez la flotte de Paxter. Mais qu’il n’attaque pas celle d’Euron. De toute façon, les Lannister ont fait pareil lorsque leurs intérêts étaient menacés. Ils ne pourront pas nous reprocher d’en faire autant », conclut Père.

Je haussai un sourcil, légèrement surprise par l’intelligence de sa remarque.

---

-POV MC-

J’observai Rodrik, Arion, Victor et Samuel arriver avec leurs troupes, un sourire sincère aux lèvres en voyant mes meilleurs amis et lieutenants revenir sains et saufs après avoir accompli leurs missions à merveille.

Je frappai une fois sur mon armure, puis une autre, avant que tous les soldats rassemblés pour les accueillir ne fassent de même, mais en cognant leurs boucliers avec leurs lances.

Je cessai de frapper sur ma poitrine lorsque je vis Rodrik descendre de cheval, mais mes hommes continuèrent, et des acclamations éclatèrent.

Rodrik s’avança vers moi, et je fis de même.

Nous nous serrâmes la main, un large sourire aux lèvres, avant que je ne l’attire pour une accolade virile, en disant :

« Tu l’as fait. »

L’idée d’attaquer les Tyrell par surprise était la mienne, mais celle de le faire avec une autre armée que la mienne venait de lui.

C’était lui qui s’était porté volontaire pour diriger cette première armée.

‘C’était un plan risqué, mais il nous a peut-être épargné une année de problèmes,’ pensai-je, notamment en pensant à l’hiver.

‘En capturant pratiquement tout le nord du Bief, nous avons non seulement mis la main sur des champs fertiles à perte de vue, mais aussi sur des greniers déjà bien remplis, qui serviront à nourrir mon peuple pendant l’hiver.’

‘Des vivres dont nous avions cruellement besoin, étant donné que j’avais retiré trop de jeunes hommes des champs pour grossir mon armée,’ me dis-je.

Rodrik sourit, et je relâchai mon étreinte avant de saluer Arion, Samuel et Victor avec la même vigueur.

« Où est mon cadeau ? » demandai-je, un sourire malicieux aux lèvres, car lorsque j’avais appris qu’Arion avait réussi à capturer Garlan Tyrell et sa femme enceinte, je n’y avais pas cru.

Dès que j’avais eu cette information, j’avais élaboré un petit plan pour accélérer la chute des Lannister.

‘Bien qu’il serait amusant de voir Yara détruire la flotte de son oncle, il y a peu de chances qu’elle y parvienne. Autant laisser cette tâche aux Tyrell,’ pensai-je.

« Voici ton cadeau, » dit Arion en faisant signe à ses hommes d’amener une charrette aux barreaux de fer.

À l’intérieur, je vis un homme et une femme enlacés.

La jeune femme enceinte semblait terrifiée, tandis que Garlan me lançait un regard empli de fureur.

« Garlan… Tu sais que je t’aime bien. Je n’ai vraiment aucune rancune personnelle contre toi, mais ta grand-mère joue à un jeu que je n’apprécie pas, » dis-je sincèrement, car une part de moi pensait réellement cela.

Garlan avait contribué à faire de moi le Seigneur des Terres de l’Orage.

Il avait combattu à mes côtés, bien que ce fût pour ses propres raisons.

Nous avions versé le même sang du même côté.

Peut-être plus lui que moi, mais nous avions été alliés à cette époque.

Il me fixa sans dire un mot, alors je soupirai et repris :

« C’est malheureux que ce soit vous qui en subissiez les conséquences, mais bon… c’est la vie. »

Je m’éloignai de la charrette, mais alors que je m’apprêtais à partir, il murmura d’une voix faible :

« Nous sommes des nobles. Nous méritons un meilleur traitement. »

« Mériter… Sais-tu seulement ce que ce mot signifie réellement ? » lui demandai-je.

Garlan resta silencieux.

Je haussai les épaules avant de dire :

« De toute façon, ce n’est pas comme si vous pouviez vous échapper d’ici. Ta femme recevra un meilleur traitement vu son état, et en souvenir de Storm’s End. Par contre, toi, tu resteras dans une cage. »

« Merci, » dit-il.

« Ne me remercie pas, » répondis-je avant d’ajouter : « Ton destin sera scellé par ta famille. S’ils font le mauvais choix, je peux t’assurer que tu me haïras du plus profond de ton âme. »

‘Si tu vis assez longtemps pour ça,’ conclus-je silencieusement.


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