-Chapitre 209-
Added 2024-11-21 21:35:47 +0000 UTC-Chapitre 209-
-POV Aurane Velaryon-
‘Nous avons réussi’, pensai-je en voyant la fumée s’échapper encore de la flotte ennemie en ruine dans le port de Tyrosh.
‘Et c’est grâce au Prince Viserys et son dragon, sinon nous n’aurions pas pu gagner cette cité aussi facilement’, pensai-je en voyant le Prince Viserys entrer dans la salle de banquet du défunt Archonte de Tyrosh.
« Prince Viserys », dis-je en m’inclinant profondément devant l’homme qui s’était battu comme un diable pour que nous puissions prendre cette cité.
Même une fois à terre, descendu du dos de son dragon, il a prouvé qu’il était un Prince de la Maison Targaryen en tuant presque intégralement la garde de l’Archonte, faisant preuve d’une remarquable maîtrise de cette magie du feu.
‘C’était tout un spectacle, même si cela n’a rien de comparable à la magie de feu de l’Empereur’, pensai-je en me souvenant des rares moments où j’avais été témoin du pouvoir impressionnant de Sa Majesté.
« Nous devons partir », dit le Prince Viserys sans même prendre la peine de nous saluer, son empressement témoignant silencieusement de l’urgence de la situation.
Je fronçai les sourcils et demandai au Prince, sans comprendre la raison pour laquelle nous devrions partir aussi rapidement au lieu de fortifier notre position : « Pourquoi ? »
« Ce sont les ordres que nous a faits parvenir l’Empereur », dit le Prince en agitant dans les airs une lettre contenant sans doute toutes les instructions de l’Empereur.
« Pourquoi l’Empereur veut-il abandonner Tyrosh ? », demandai-je.
« Parce qu’il a réussi à prendre Lys en lançant une attaque surprise sur la cité », dit le Prince, heureux, car nous venions de débloquer la situation dans les Stepstones.
« Comment a-t-il réussi à prendre Lys ? », demandai-je, ne comprenant pas comment l’Empereur avait réussi ce tour de force.
« Grâce à la Troisième Flotte Impériale et à mes légions revenues en secret », dit le Prince Viserys.
Je fronçai les sourcils, car même si j’étais au courant que je devrais attaquer Tyrosh et qu’un dragonnier viendrait pour m’aider à prendre la cité, je n’étais pas au courant de tout le plan, et certainement pas d’un retour soudain de la 3e flotte impériale sous le commandement d’Aegor ainsi que de la prise de Lys.
Je plissai les yeux, me représentant mentalement la carte du Détroit, et je dis, comprenant rapidement la suite du plan de l’Empereur :
« Donc ça veut dire que nous allons prendre en étau les Stepstones. »
« Exactement », dit le Prince en hochant la tête.
« Même si nous n’avons pas perdu beaucoup d’hommes dans cette attaque, les hommes que j’ai perdus dans les Stepstones avant cela nous empêchent de laisser une garnison pour garder la ville sous contrôle », dis-je, car il ne me restait que 18 000 marins, et ce n’était clairement pas assez pour attaquer la flotte ennemie tout en défendant Tyrosh d’une possible insurrection ou attaque ennemie de la part de Myr si le conflit devait s’éterniser.
« Nous n’allons pas abandonner Tyrosh. C’est contre la volonté d’Aegon. Il a ordonné que nous laissions une garnison de 500 hommes, ni plus ni moins », dit le Prince Viserys en me fixant.
Je secouai la tête, puis je dis : « Si nous devons mettre en œuvre le plan de l’Empereur, nous devrons forcément abandonner Tyrosh. 500 hommes réussiront peut-être à tenir le palais de l’Archonte, mais sûrement pas le centre-ville, alors la ville tout entière… »
Je ne terminai pas ma phrase, mais tout le monde avait compris ce que je voulais dire.
Le Prince Viserys hocha la tête, reconnaissant mon point, puis ajouta : « Les ordres d’Aegon sont très clairs : nous devons, et nous laisserons, 500 de nos soldats pour représenter la couronne. »
« C’est les offrir en sacrifice », dis-je, agacé de devoir une nouvelle fois sacrifier mes hommes.
‘Devoir une fois de plus les laisser derrière sans savoir s’ils survivront’, pensai-je.
‘Cela me donne l’impression d’être un lâche’, pensai-je, n’osant pas le dire.
« Je n’ai pas dit qu’ils devraient assurer la sécurité et l’ordre dans cette ville. J’ai simplement dit qu’ils devront représenter la couronne », dit le Prince Viserys, tenant à faire la nuance.
Je fronçai les sourcils une nouvelle fois, puis je demandai : « Donc ?... Qu’est-ce que cela veut dire exactement ? »
« Cela veut dire qu’ils tiendront le palais et formeront des milices armées avec les groupes de prisonniers prêts à servir l’Empire. Je sais que c’est une décision difficile à prendre de laisser ces hommes derrière soi en sachant qu’ils devront sans doute mourir, et l’Empereur le sait aussi. C’est pour cela qu’il a pris cette décision à ta place, Aurane. Tout ce que tu dois faire, c’est obéir aux ordres de ton Empereur », dit le Prince, son regard devenant plus pointu.
‘Je n’ai pas le choix de toute façon, et s’ils doivent tenir le palais, même en étant assiégés, tant que nous serons rapides, nous pourrons reprendre le contrôle de la cité aussi facilement qu’aujourd’hui’, pensai-je.
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-POV Samwell Tarly-
« J’en ai marre », dit Florian en utilisant une lame pour me raser la joue droite de tout poil.
J’ai souri, puis j’ai dit, essayant de rassurer mon second :
« Que veux-tu que je te dise ? »
« Que tu sais quand cet enfer prendra fin », répondit-il en me regardant fixement.
‘C’est la fatigue qui commence à tendre ses nerfs’, pensai-je en remarquant les signes d’épuisement sur son visage.
J’ai haussé les sourcils, puis j’ai dit : « Qui sait ? »
‘J’avais une bonne idée de ce qu’Aegon attendait pour passer à l’action, mais je ne voyais pas tout le tableau dans son ensemble’, me dis-je intérieurement tout en haussant les épaules face au regard sceptique de mon second.
« Nous pouvons les avoir », dit Florian.
‘Je sais que nous pourrions les avoir’, pensai-je, car j’avais mené de nombreuses simulations de bataille dans mon esprit et, à chaque fois, nous gagnions.
‘Mais ce n’était pas sans pertes, surtout que nous ne connaissions pas toutes les cartes de notre adversaire ni l’impact que cela pourrait avoir sur les autres champs de bataille’, ajoutai-je mentalement avant de me lever et de m’essuyer la joue.
« Nous pouvons détruire cette armée en une journée », insista Florian.
« Mais nous y perdrons beaucoup d’hommes », dis-je, me décidant à l’aiguiller pour qu’il observe les choses d’un autre œil que celui du simple guerrier.
‘Même mes yeux ne voient pas aussi loin que ceux de l’Empereur, car je n’ai tout simplement pas les bonnes informations ni les mêmes priorités que lui dans son esprit’, pensai-je.
« Avec une bonne tactique, nous pourrions y arriver sans perdre trop des nôtres. »
« Je sais que tu y penses tous les soirs. »
« Tu as raison, Florian, mais n’oublie pas une chose : tout bon soldat se doit d’abord d’obéir aux ordres. Je ne suis que le commandant de notre armée, rien de plus. Ce n’est pas à moi de sonner l’attaque », dis-je en attrapant une pièce de mon armure et en la lui tendant.
‘Ce dont l’Empire a besoin, ce n’est pas de remporter une bataille grâce à une tactique brillante, mais de gagner la guerre grâce à une stratégie brillante.’
Florian me fixa sans rien dire pendant quelques secondes avant de finalement attraper la pièce de mon armure en soupirant, puis dit d’un ton las :
« J’en ai simplement marre. »
J’ai tapoté son bras avant de dire :
« Je comprends parfaitement ta frustration. Je ressens la même chose à chaque fois que je vois l’un de nos hommes mourir inutilement sur ce champ de bataille. Mais ce n’est pas à nous de décider de ce qui adviendra de ce champ de bataille. C’est l’Empereur qui doit nous donner l’ordre d’attaquer, et pour l’instant, il ne l’a toujours pas fait. »
« Je sais », dit Florian, même si je pouvais toujours sentir son mécontentement à l’égard de l’Empereur pour nous forcer à rester sur la défensive.
« Parfait alors », dis-je, scellant définitivement le débat.
Toc… Toc… Toc…
« Qui est-ce ? », ai-je demandé en verrouillant la porte du regard.
« La Prêtresse Mélissandre et la Grande Prêtresse Kinvara », dit le garde posté devant ma chambre.
« Faites-les entrer », dis-je en faisant signe à Florian d’attendre avant d’attacher le reste de mes pièces d’armure.
La porte s’ouvrit et les deux prêtresses entrèrent sans se presser.
‘Toujours aussi belles, mais plus venimeuses que jamais’, me dis-je en me souvenant du nombre de nouveaux fanatiques qu’elles avaient créés, même parmi certains de mes légionnaires.
J’observai les deux prêtresses entrer sans rien dire, mais elles n’entamèrent pas la conversation.
Alors, au bout de quelques instants, fatigué de ce petit jeu de pouvoir, je demandai, sur un ton neutre cachant le dégoût que je ressentais envers elles :
« Alors ? »
« Vous allez devoir cacher votre rancœur à notre égard plus profondément dans votre cœur », dit la Grande Prêtresse, s’adressant à moi comme si j’étais l’un de ses enfants.
‘Peuvent-elles même en avoir ?’, me demandai-je, brièvement distrait.
« Et pourquoi cela ? », ai-je demandé en haussant les sourcils, ne prenant pas la peine de mentir.
« Car c’est pour aujourd’hui », dit la Prêtresse Mélissandre en me tendant une lettre.
Je fronçai les sourcils, le bec cloué, en reconnaissant le sceau sur la lettre :
‘Le sceau de la Lune de Sang.’
« Qu’est-ce qui est pour aujourd’hui ? », demanda Florian en fronçant les sourcils.
Je pris la lettre que la prêtresse me tendait et, tout en la lisant, je dis, légèrement excité à l’idée de pouvoir enfin retirer la laisse que nous avions au cou depuis plusieurs lunes :
« C’est le moment pour nous de contre-attaquer. »